En immersion avec l’Armée de terre et la Marine nationale à Skrenvil 19 [PHOTOS/VIDÉO]

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Une venue exceptionnelle au large de Sète ! Le groupe amphibie mené par le porte-hélicoptères Dixmude était de passage pour un entrainement interarmées indispensable au maintien des capacités amphibies françaises.

Difficile de manquer l’imposant navire ! Avec ses 199 mètres de long, le PHA Dixmude (3e et dernier de la classe Mistral) est sans nul l’un des joyaux de la Marine nationale. Accompagné de la frégate multi-missions (FREMM) Languedoc, il a embarqué un groupement tactique de 300 soldats de l’armée de Terre et des hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de Terre et de la Marine nationale.

L’objectif de Skrenvil 19 est l’exécution d’une opération amphibie de grande ampleur, c’est-à-dire réalisé par une force interarmées projetée loin de ses bases sans support d’une nation hôte.

Au total ce sont 870 militaires (470 marins et 400 soldats) qui étaient mobilisés.

Après une première phase, près de Fréjus, où les troupes françaises avaient pour mission d’évacuer une centaine de ressortissants répartis sur des points de regroupement situés sur les hauteurs bordant Fréjus, c’est donc du côté de Frontignan et de Sète que s’est déroulé en partie cette deuxième phase.

«C’est un beau challenge, une chance extraordinaire de participer à ce genre d’exercice. On a eu des phases de planification, puis beaucoup de conduite parce qu’il y a des impondérables à prendre en compte. De manière globale ça c’est extrêmement bien passé. On a pu travailler à tous les niveaux: toutes les fonctions, toutes les spécificités, tous les savoir-faire techniques et tactique d’un sous-groupement tactique interarmes, donc très bonne expérience, très positif», explique ainsi le capitaine Maxence, du 21e Régiment d’infanterie de marine (21e RIMa), commandant de l’unité terrestre interarmes qui a débarqué durant l’exercice Skrenvil.

Après l’opération terrestre, qui a vu plusieurs centaines de militaires de diverses unités de la 6e brigade légère blindée se déployer, c’est dans le port de Sète qu’un engin de débarquement amphibie rapide (EDAR) est venu chercher troupes, véhicules et matériel pour les rapatrier à bord du Dixmude.

Interrogé par 45eNord.fr sur l’un des ponts du Dixmude, le colonel Frédéric Edel, commandant du 21e RIMa, précise que le défi numéro un, «d’abord, c’est de réussir à faire une planification commune, c’est à dire à réfléchir ensemble entre marin et terriens sur comment on doit conduire cette opération: les différentes phases, l’objectif final, les objectifs intermédiaires, et comment on les conduit réellement sur le terrain. Le deuxième, c’est la mise en oeuvre de ce qui a été décidé, conçu, sur le terrain, de façon concrète, tactique, avec des moyens relativement importants».

À bord du PHA Dixmude, non seulement les troupes de la 6e brigade, mais aussi un état-major opérationnel embarqué, issu de la Force Aéromaritime Française de Réaction Rapide (FRMARFOR).

L’état-major de la FRMARFOR est interallié et répond aux standards de l’OTAN. Il a vocation à fournir jusqu’à trois états-majors tactiques simultanément et sous très faible préavis pour des forces à la mer.

«Le commandement et contrôle c’est très lié aux spécificités de la planification amphibie. Et c’était cela l’enjeu majeur de cet exercice, qui a été très bien réalisé, avec une belle progression au cours de l’exercice, qui nous a permis d’obtenir l’effet recherché sur le terrain, et à la fois au travail commun entre marins et terriens», de conclure le colonel Edel.