Le 27 août 2019, au sein de la deuxième école de l’ICTS (Iraki Counter Terrorism Service), se déroule le stage Master Breaching. [Stéphane Labed]
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Du 24 août au 4 septembre, la Task Force (TF) Narvik a mené un stage d’expert «bréchage» et effraction au sein de l’Académie des forces spéciales de l’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS) dans le cadre de sa mission d’appui à la formation au sein de la Coalition.

Conçu par la TF Narvik pour 17 spécialistes des forces spéciales irakiennes, ce stage approfondi les techniques d’appui aux opérations de contre-terrorisme.

Des spécialistes de haut-vol

En s’appuyant sur les retours d’expérience des engagements en zone urbaine de l’ICTS, notamment à Mossoul en 2017, la TF Narvik a conduit un stage de perfectionnement des spécialistes du génie de l’ICTS. Les adjudants-chefs Fred et Chris, spécialistes de ce domaine en France, ont été sollicités pour leur haute expertise en matière d’explosifs, de techniques de relevage et de désactivation des engins explosifs improvisés.

L’ICTS a souhaité s’appuyer sur leurs expériences opérationnelles et leurs  formations suivies tout au long de leurs cursus spécialisés en France.

Prendre l’initiative en créant la brèche

Le recours à des explosifs pour ouvrir des brèches dans un environnement fermé est regroupé sous le vocable technique «effraction chaude». Cette capacité à créer brusquement des ouvertures et passages dans des éléments infranchissables comme une porte en bois massif ou un mur permet de prendre l’initiative sur tout ennemi qui s’estime à l’abri.

Utilisées par les forces spéciales dans les opérations de contre-terrorisme dans le monde entier, elles permettent d’éviter d’emprunter ou d’éviter une ouverture que l’on sait piégée en passant par une brèche créée dans le feu de l’action, prenant ainsi de cours l’ennemi.

Un stage axé sur l’efficacité

Les instructeurs se sont concentrés sur l’utilisation de deux types d’explosifs. Le cordeau détonant qui permet de placer une charge la plus adaptée possible avec beaucoup de souplesse d’emploi, et le C4 qui permet de concentrer davantage de charge (pour percer un mur par exemple). La souplesse d’utilisation de l’un est complémentaire de la puissance développée par l’autre, ouvrant un panel de solutions varié.

Destiné à des personnels spécialisés

Hommes de terrain engagés dans la lutte contre Daech, les 17 stagiaires ont pu ainsi affiner leurs savoir-faire dans les domaines du «bréchage» urbain et des effractions au moyen de  l’action de la TF Narvik. Deux semaines qui ont vu les experts Français et Irakiens partager leurs expériences mais surtout resituer ces actions spécialisées dans un cadre tactique afin d’appuyer les unités en les exposant a minima lors des opérations.


Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal représente le volet français de l’Opération Inherent Resolve (OIR) au sein d’une coalition de 80 pays et organisations.

A la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, l’opération Chammal vise, à apporter un soutien militaire aux forces locales engagées dans le combat contre Daech sur leur territoire.

L’opération Chammal repose sur deux piliers complémentaires: un pilier « appui » destiné à appuyer les troupes engagées au sol contre Daech et à frapper les capacités militaires de Daech ; un pilier « formation » au profit des forces de sécurité irakiennes.

A ce jour, le dispositif complet de l’opération Chammal compte près de 1 000 militaires. Il comprend également plus d’une centaine de militaires projetés à Bagdad pour la formation et le conseil des états-majors et unités irakiennes.