Développement durable et énergies renouvelables: la stratégie du ministère des Armées

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Concilier les contraintes opérationnelles avec l’ambition environnementale : c’est l’ambition affichée par Florence Parly, la ministre des Armées, lors de son déplacement auprès du 2e régiment étranger de génie (2e REG) de Saint-Christol (Vaucluse), jeudi 5 septembre 2019.

Affronter la réalité sans se voiler la face. Sans angélisme, non plus. « C’est parce que nous avons l’empreinte environnementale la plus importante de l’Etat que nous avons l’impérieux devoir d’être un acteur volontaire et engagé de la transition énergétique. » Rappelant que la priorité du ministère des Armées était de protéger les Français, Florence Parly a insisté sur la nécessité du ministère de tout mettre en œuvre pour préserver l’environnement.

« Ayons bien conscience d’une chose : les sécheresses, les crues et la montée des eaux, l’érosion des coraux ne sont pas que des événements naturels, ou mêmes seulement humains. Ce sont aussi des événements stratégiques », a expliqué la ministre. « Ces événements créent de nouvelles tensions, déplacent des populations, créent de nouvelles failles, de nouveaux conflits. Ils amplifient les menaces traditionnelles. »

Florence Parly a cité en exemple le cas du 2e REG, entré dans la transition écologique dès 2010 avec l’utilisation d’énergies renouvelables. Le régiment a ainsi réduit de 90% ses émissions de gaz à effet de serre et de 45% ses consommations d’énergie.

La ministre des Armées a détaillé la feuille de route de son ministère pour construire une « défense durable ». L’ambition environnementale – biodiversité, développement durable, développement des énergies renouvelables, lien entre changements climatiques et défense, conciliation entre protection de l’environnement et performance opérationnelle, etc. -, est portée par une stratégie déclinée en quatre axes :

  • Axe 1 : prévention des risques environnementaux. Le ministère des Armées conduit des études d’anticipation environnementale et établit des cartographies de risques environnementaux et des possibilités d’emballement climatique.
  • Axe 2 : maîtrise de l’énergie et de l’empreinte carbone. Les chaufferies au charbon et au fioul lourd, ainsi que les chaufferies les plus polluantes, seront supprimées dans les meilleurs délais. Elles seront remplacées par des raccordements des sites aux réseaux de chaleur urbains ou à défaut l’utilisation de chaufferies biogaz ou biomasse.
  • Axe 3 : développement des énergies renouvelables. Le ministère des Armées participe pleinement à la réalisation du plan gouvernemental « Place au Soleil » qui vise à augmenter les capacités de production d’énergie électrique d’origine solaire en France.
  • Axe 4 : engagement à préserver la biodiversité. 80% des terrains militaires en métropole font l’objet d’une protection au titre de la biodiversité.
Chiffres clés

Biodiversité et terrains militaires

• 200 000 ha font l’objet d’au moins un classement soit 80 % du domaine foncier de la Défense :
✔49 % du domaine inclus dans des Zones naturelles d’intérêt écologique faunistiques et floristiques (ZNIEFF) ;
✔ 38 % inclus dans des parcs naturels régionaux ;
✔ 16 % inclus dans des sites Natura 2000 : 203 sites Natura 2000 comprennent une emprise militaire soit près d’1/5e de la surface Natura 2000 française.

• 104 conventions de partenariat écologique :
✔ 6 conventions nationales :
– la Fédération des conservatoires d’espèces naturels (FCEN) ;
– le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) ;
– l’Office national des forêts (ONF) ;
– l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ;
– l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) ;
– la Ligue de protection des oiseaux (LPO).
• 92 conventions locales de gestion
• 600 000 € consacrés à la biodiversité par le Fonds d’intervention pour l’environnement (FIE) à compter de 2019
• 2 Life (l’instrument financier de la Commission européenne) acceptés

Énergie

• 840 millions € pour les dépenses du ministère, toutes énergies confondues dont 74 % de dépenses pour les carburants opérationnels ;
• 220 M€ de dépenses de consommation énergétique pour les infrastructures de défense ;
• Entre 2010 et 2018, la consommation d’énergie du ministère des Armées a diminué de plus de 15 % (grâce à la stratégie ministérielle pour la performance énergétique combinée avec la réduction du format des armées ainsi que la cession d’emprises et de bâtiments).

Énergies renouvelables

• 2 000 ha de terrains mobilisés pour des centrales photovoltaïques dans le cadre du plan «Place au soleil» d’ici à 2022 ;
• 393 véhicules électriques achetés en 2018 (= la moitié des achats de l’État en véhicules électriques) ;
• des expérimentations multiples conduites par le SID : champ solaire thermique centralisé (Saint-Christol), photovoltaïque pour produit de froid avec stockage de grande capacité (Antilles), autonomie énergétique par combinaison photovoltaïque, PAC H2 (Îles Glorieuses), biométhanisation (Coëtquidan), base militaire autosuffisante et résiliente (projet conduit avec l’AED), éco-camp en OPEX, etc.