Bonne rentrée 2019 à tous les élèves et étudiants des lycées de la défense!

Lycée de la Défense. [Ministère des Armées]
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  • Ce lundi, plus de 4 500 élèves et étudiants effectuent leur rentrée dans l’enseignement militaire.
  • En cette rentrée 2019, Florence Parly, ministre des Armées, se rend lundi 2 septembre à l’Ecole des Pupilles de l’Air.
  • Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, sera au Lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole mardi 3 septembre.
  • L’enseignement dans les lycées de la défense : une pépite à préserver, un plan de 100 millions d’euros annoncé il y a un an est en train d’être déployé.

L’enseignement dans les lycées de la défense : une pépite à préserver

Le ministère des Armées compte 2 collèges et 6 lycées, ces derniers proposant également des enseignements post-bac, des classes préparatoires aux grandes écoles militaires et, plus récemment, des BTS. Ces établissements, sous encadrement militaire mais avec enseignants et programmes de l’Education nationale, ont plusieurs objectifs importants justifiant pleinement leur existence.

En premier lieu, le soutien aux familles qui sont soumises aux mobilités géographiques fréquentes inhérentes à l’engagement de nos militaires : les Armées se doivent d’offrir à leurs enfants un cadre éducatif stable et performant. Ensuite, continuer à accueillir dans le cadre du plan Egalité des chances, d’une part de jeunes boursiers issus des milieux les plus défavorisés,  sans lien avec la Défense (15% des élèves), d’autre part des élèves au sein des classes préparatoires à l’enseignement supérieur : ces classes passerelles entre la terminale et les classes préparatoires permettent à des étudiants désireux d’accéder aux grandes écoles de la défense mais n’ayant pas tous les prérequis nécessaires de maximiser leur chance de réussite. Enfin, donner appétence pour les carrières dans les armées, que ce soit par le passage en lycée (à l’issue duquel il n’y a aucune obligation d’intégrer les armées) ou par le biais des formations post-bac qui s’inscrivent dans une perspective de recrutement. Ce modèle continue de faire ses preuves : les résultats 2019 du baccalauréat tendent vers 100% (816 bacheliers pour 824 candidats) avec près de 79 % de mentions, dans la même lignée que les années précédentes.

Suite du Plan Lycées : les mesures se déploient pour viser l’excellence académique et comportementale

Soutenus par la loi de programmation militaire 2019-2025, les lycées bénéficieront d’investissements conséquents, de plus de 100 millions d’euros d’ici 2025, dans le cadre du Plan Lycées annoncé par Geneviève Darrieussecq et lancé en septembre 2018.

Le premier objectif de ce plan est d’offrir de meilleures conditions d’accueil aux élèves en améliorant l’état des infrastructures. Les investissements les plus importants concerneront les lycées les plus anciens (La Flèche, Saint-Cyr l’École et Autun), et en particulier leurs internats. Les autres lycées, dont l’Ecole des pupilles de l’air, bénéficieront aussi d’investissements significatifs améliorant les conditions de vie et d’étude des élèves et des pensionnaires.

Le second objectif du Plan Lycées est l’élargissement de l’offre d’enseignement et de formation pour répondre notamment aux besoins des Armées et aux enjeux des prochaines années (cyber, mécatronique, maintenance aéronautique…). Cela se traduit entre autres par l’ouverture de classes de BAC professionnels et de BTS. Des investissements dans les infrastructures, les plateaux techniques, et le recrutement de professeurs et encadrants supplémentaires accompagnent ces ouvertures.

Enfin, le Plan Lycées prône le partage des bonnes pratiques entre armées. Ainsi, l’ensemble des lycées met en œuvre depuis la rentrée de 2018 un plan d’excellence comportementale et accorde une attention particulière à la composition de l’encadrement pour s’adapter à la mixité des élèves. Par ailleurs, toute l’offre d’enseignement des six lycées de la défense est disponible sur un portail unique et, à terme, les dossiers de candidature seront communs.

Un plan d’excellence comportementale mis en œuvre depuis un an (septembre 2018)

Le niveau des classes préparatoires militaires, qui mènent vers les plus grandes écoles militaires françaises, est reconnu. L’année dernière, des événements portés à la connaissance de la ministre des Armées l’ont convaincue qu’il fallait redoubler d’efforts afin que les activités déviantes de quelques-uns, sous couvert de pseudo-traditions, n’entachent pas la réputation de ces établissements et le respect des valeurs militaires et républicaines.

La ministre a donc demandé au collège des inspecteurs généraux des armées de lui faire des propositions. Elle a validé, en concertation avec la secrétaire d’État, Geneviève Darrieussecq, et les trois armées un plan d’excellence comportementale en dix mesures, mis en œuvre depuis la rentrée de septembre 2018.

Les 10 mesures du plan d’excellence comportementale concernent quatre thèmes : le choix et l’implication de l’encadrement, l’encadrement des traditions, l’amélioration de la mixité et la surveillance des lycées.

  • Depuis un an, ce plan est déployé dans toutes les classes préparatoires militaires.

 1. Un encadrement plus féminisé

L’encadrement des lycées de la défense fait l’objet d’une attention particulière, notamment pour s’adapter à la mixité des élèves. Améliorer quantitativement et qualitativement l’encadrement des lycées militaires, en trouvant un juste équilibre sur son taux de féminisation, y compris parmi les officiers. Par exemple, un taux de féminisation de 50% pour encadrer les sections « Lettres » au sein des classes préparatoires aux grandes écoles du Lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole a été fixé.

Pourquoi ? Pour être en adéquation avec la mixité des élèves des classes prépas.

 2. Organiser des périodes dédiées aux activités militaires pour les classes préparatoires.

Mettre en place des périodes dédiées aux activités militaires pour les classes préparatoires, encadrées par du personnel militaire.

Pourquoi ? Les activités militaires permettent aux étudiants de prendre conscience des exigences et des réalités de leur métier futur et d’appréhender les vraies valeurs militaires. Les élèves des prépas militaires n’ayant par ailleurs pas le statut de militaire mais désirant le devenir, aucun décalage ne doit se créer entre la réalité rêvée du métier des armes et les activités proposées par les lycées. Ainsi, aucun espace n’est laissé aux activités non-encadrées de prétendues traditions qui ne seraient pas en accord avec les valeurs de l’institution.

 3. Organiser les traditions

« La confiance n’exclut pas le contrôle ! » Définir le contenu et les modalités de toutes les activités de transmission des traditions au préalable avec le chef de corps, en liaison avec le proviseur. Ces activités sont réalisées uniquement sous le contrôle de l’encadrement. Toute activité qui n’a pas reçu l’aval de la hiérarchie est interdite.

Pourquoi ? Pour éviter des écarts et protéger l’esprit militaire qui ne se retrouve pas dans certaines pseudo-traditions inacceptables. Les règles étant fixées et connues de tous, les sanctions sont appliquées avec fermeté et rapidité.

 4. Une corniche unique par lycée militaire

Pour les classes préparatoires aux grandes écoles, une « corniche » unique est créée intégrant l’ensemble des étudiants des classes préparatoires.

Pourquoi ? Le terme de corniche est utilisé pour dénommer les classes préparatoires aux différentes grandes écoles militaires. Les lycées de la défense préparent à l’ensemble des recrutements d’officiers dans des armées qui partagent toutes les mêmes valeurs. Il ne peut y avoir d’esprit différent dans des structures spécifiques. Cette mesure permet le brassage des profils dans la même année scolaire, en évitant des regroupements qui peuvent générer des sentiments d’appartenance exclusifs.

 5. Priorité au travail

Limiter strictement la durée des activités de transmission des traditions. Encadrer le retour des intégrants dans les lycées.

Pourquoi ? Parce que la priorité étant la réussite aux concours et examens, les activités de traditions doivent être limitées dans la durée et dans le temps. Par ailleurs, le retour des lauréats de l’année précédente (ayant intégré une grande école) ne doit pas être un prétexte à des débordements. Les règles doivent être les mêmes pour tous, même pour ceux qui ont quitté la classe préparatoire.

 6. Un langage commun à tous les lycées

Appuyer, par la diffusion de directives, les chefs de corps dans la transmission des valeurs de la République et des Armées.

Pourquoi ? Chaque armée a la responsabilité d’un ou plusieurs lycées de la défense, elle doit donc donner à ses chefs de corps les outils nécessaires à la bonne conduite de leur action, pour que chaque lycée ait les mêmes références, les mêmes règles, les mêmes objectifs.

 7. Promouvoir la mixité

Installer une représentation mixte au sein des classes et mettre en place un référent mixité dans l’équipe de commandement.

Pourquoi ? Parce que les étudiantes doivent être représentées à la même hauteur que leurs camarades étudiants. Parce qu’il est indispensable d’avoir au sein de l’encadrement une personne identifiée sur les enjeux de mixité, pour jouer un rôle de veille et de conseil.

 8. Des inspections régulières

Faire inspecter l’ensemble des établissements scolaires des Armées par leur armée d’appartenance en principe tous les deux ans, tous les ans pour certains lycées si nécessaires.

Pourquoi ? Pour s’assurer dans la durée de la stricte application des directives, soutenir l’encadrement et recueillir tous les témoignages.

 9. Lutte contre les addictions

Engager, sous la responsabilité du commandement et avec le soutien du Service de santé des Armées (SSA), des actions résolues de sensibilisation contre les conduites addictives.

Pourquoi ? Il est indispensable d’accompagner de jeunes étudiants sur les questions liées à l’alcool et aux drogues, dans un cadre où les élèves et étudiants sont en internat loin de leurs familles.

 10. Des sanctions plus claires

Toute sanction ou exclusion d’un lycée militaire pour faute grave de comportement doit avoir valeur pour tous les lycées militaires et être tracée pour les organismes de recrutement dans les armées.

Pourquoi ? Cela doit notamment empêcher un élève de passer d’un lycée à un autre en toute impunité, et permet, en cas de réussite au concours d’une grande école militaire, d’éveiller la vigilance de l’encadrement de l’école concernée.