Syrie: le régime masse des renforts à Idleb, selon une ONG

Une colonne de fumée après un bombardement attribué au régime syrien dans les faubourgs de Maaret al-Numan, une localité du nord de la province d'Idleb, le 24 août 2019. [AFP]
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Le régime syrien masse samedi des renforts près de la ville stratégique de Khan Cheikhoun, récemment conquise dans la province d’Idleb (nord-ouest), cherchant manifestement à poursuivre sa progression après avoir encerclé un poste d’observation de l’armée turque, a rapporté une ONG.

Après avoir pris le contrôle de Khan Cheikhoun, dans le sud d’Idleb, les forces gouvernementales ont conquis vendredi plusieurs localités et villages tenus par des jihadistes et des rebelles dans la province voisine de Hama.

« Le régime a massé des renforts au nord de Khan Cheikhoun, en prévision de sa progression vers la région de Maaret al-Noomane », située à 25 kilomètres plus au nord, a estimé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources.

La province d’Idleb et des secteurs adjacents sont dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda). Des groupes rebelles moins puissants y sont également présents.

Ces derniers jours, la zone de Maaret al-Noomane a été la cible de raids du régime, qui se sont poursuivis samedi sur des villages des environs, a constaté un correspondant de l’AFP.

Maaret al-Noomane et Khan Cheikhoun sont situées sur une autoroute reliant la capitale Damas à la grande ville du nord, Alep, toutes deux tenues par le pouvoir de Bachar al-Assad.

Selon des experts, le régime cherche à prendre toute la portion d’Idleb de cette artère vitale reliant Alep à la frontière sud avec la Jordanie, via les grandes villes du centre –Hama et Homs.

Depuis le 8 août, le régime a repris des secteurs du sud d’Idleb et du nord de Hama, après plus de trois mois de bombardements meurtriers qui ont tué 900 civils, selon l’OSDH.

Vendredi, en prenant le contrôle de la localité de Morek et de ses environs, dans le nord de Hama, les forces du régime ont encerclé le principal poste d’observation des forces turques.

La Turquie voisine, qui intervient militairement en Syrie et soutien des groupes rebelles, déploie depuis près de deux ans des forces sur douze postes d’observation à Idleb et Hama.

« Le poste turc de Morek est encerclé, et l’armée syrienne sera capable d’éliminer ces postes turcs et d’éliminer les terroristes », a asséné Bouthaina Chaabane, conseillère de M. Assad, interrogée dans la nuit sur la télévision Al-Mayadeen basée à Beyrouth.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a confirmé vendredi que les forces prorégime étaient non loin du poste mais il a affirmé que son pays ne l’abandonnerait pas.

La présidence turque a annoncé que Recep Tayyip Erdogan se rendrait mardi à Moscou pour y rencontrer son homologue Vladimir Poutine.

Déclenchée en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts.