Les formations commando pour appréhender le milieu

Formation commando (Armée de terre)
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Les centres d’aguerrissement outre-mer sont des outils spécifiques destinés surtout aux unités en mission de courte durée. Ils participent à l’adaptation des militaires aux environnements particuliers tout en donnant des clés pour dominer des milieux à priori hostiles.

Les souvenirs sont nombreux après une mission de courte durée. Mais l’histoire la plus souvent entendue est celle du passage dans un centre d’aguerrissement outre-mer et étranger (CAOME). Espaces d’entraînement dédiés à la préparation opérationnelle, ils s’appuient sur la spécificité du milieu sur lequel ils sont implantés (déserts, forêts, mangroves…).

À Arta plage, à Djibouti, «La voie de l’inconscient» est un parcours d’audace à réaliser en moins de 25 minutes, comprenant une gouttière de dix-huit mètres de hauteur.

Ce matin, un peloton du 4e régiment de chasseurs (4e RCh) se prépare à affronter une des pistes d’audace les plus célèbres de l’armée de Terre. «Ils parlent tous de ça», plaisante l’adjudant-chef Alban du centre d’entraînement au combat et à l’aguerrissement au désert (CECAD) et responsable du site d’Arta plage. Elle présente l’avantage d’être vertigineuse et met les stagiaires en situation d’inconfort. Réussir le parcours est pour beaucoup une victoire sur eux-mêmes. Mais la piste n’est qu’une petite partie de la formation commando, intégrée à deux semaines de stage essentiellement tournées vers le combat en milieu désertique au niveau groupe et section. 

L’armée de Terre tient particulièrement à garder ces structures de formation.

«Arta bénéficie d’une infrastructure aboutie, capable d’accueillir plusieurs centaines de stagiaires par an, explique le colonel Laurent Vieillefosse, chef de corps du 5e régiment interarmes d’outre-mer (5e RIAOM). Le désert est un milieu exigeant nécessitant une excellente condition physique, un moral d’acier et la connaissance de techniques de survie. Le stage commando nous apporte tout cela en même temps. Nos récents engagements se sont déroulés dans des milieux proches des conditions rencontrées à Djibouti. Nous avons projeté à plusieurs reprises des unités sur d’autres opérations africaines : le passage au CECAD prend alors tout son sens et entre pleinement dans le maintien de la capacité opérationnelle des combattants.»

Milieu exigeant

À l’instar du CECAD, d’autres centres jouissent d’une réputation faite de mystère et de crainte pour les «non-initiés».

À 10 000 km d’Arta, en Guyane, le centre d’entraînement en forêt équatoriale (CEFE) est le passage obligé des unités affectées en mission de courte duréeau 3e régiment étranger d’infanterie. 

Il ouvre aussi ses portes aux élèves des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et à quelques stagiaires étrangers.

Mais pourquoi s’entraîner au milieu d’une jungle luxuriante quand la majeure partie de nos opérations se déroulent en milieu désertique ?

«Nous avons plusieurs centaines de militaires déployés pour l’opération Harpie, explique le lieutenant–colonel Wenceslas de la section activités de l’état-major de l’armée de Terre. Cela demande de l’endurance et une connaissance fine de la jungle. Le CEFE permet de s’immerger dans ce type d’environnement pour mieux l’appréhender, voire même y survivre. Nous ne connaissons pas nos prochains engagements en Opex, rien ne dit qu’ils ne se dérouleront pas dans ce type de milieu. Nous devons anticiper pour éviter toute mauvaise surprise le jour J. Pour terminer, un stage d’aguerrissement et d’apprentissage des techniques commando prend toute sa valeur dans un milieu difficile et exigeant, c’est le cas du CEFE.»

Au pied de la «Voie de l’inconscient» de Djibouti, le commandant d’unité du 4eRCh attend avec impatience les temps réalisés par ses cavaliers. Toute la matinée, une fois son parcours exécuté, il est resté au pied des agrès pour observer ses hommes.

«Un stage commando est un moment privilégié pour le commandement. C’est une occasion unique d’observer le comportement de chacun et plus particulièrement des cadres. Certains se révèlent, d’autres s’écroulent sous le poids de la difficulté. Le milieu désertique et la difficulté du stage ne laissent pas de place au doute. Le CECAD me donne une image assez précise des leaders, ceux sur qui je peux compter ; c’est important pour un chef.»

Neuf CAOME

Deux autres structures d’entraînement concourent à la politique d’aguerrissement au combat outre-mer, sans pour autant avoir le statut de CAOME: