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TERRITOIRE NATIONAL– OPÉRATION RÉSILIENCE

Lancée le 25 mars 2020, l’opération « Résilience » constitue la contribution des armées à l’engagement interministériel contre la propagation du Covid-19. Elle est centrée sur l’aide et le soutien aux populations ainsi que sur l’appui aux services publics pour faire face à cette épidémie, en métropole et outre-mer, dans les domaines de la santé, de la logistique et de la protection. Les armées s’engagent dans l’ensemble des secteurs où elles peuvent apporter un soutien aux autorités civiles, en adaptant leurs actions aux contextes locaux et dans le cadre d’un dialogue avec les autorités de l’État.

À la faveur de l’amélioration de la situation épidémique ou de l’évolution des besoins, en métropole et outre-mer, plusieurs évolutions d’ampleur ont émaillé la semaine.

  •  Désengagement de l’EMR-SSA de Mulhouse

Dans le grand Est, en coordination avec les autorités de santé publique, le ministère des Armées a pris la décision de procéder au démontage complet de l’Élément Militaire de Réanimation du Service de santé des armées (EMR-SSA), lequel n’accueille plus de patients depuis le jeudi 7 mai. Après cette opération, des experts du 2e Régiment de dragons procéderont à la désinfection du site.

Ce démontage, qui devrait s’achever le 21 mai, constitue la troisième phase de réadaptation de l’EMR-SSA, en lien avec l’environnement sanitaire régional et les besoins locaux, grâce à un dialogue permanent avec les autorités sanitaires. Le 17 avril, un premier module de dix lits inoccupés a été démonté, désinfecté et reconditionné, suivi d’un deuxième module le 28 avril.

L’EMR-SSA agissait depuis le 24 mars comme une véritable unité fonctionnelle de réanimation du Centre Hospitalier Émile Muller. 47 patients ont été accueillis au sein de cette structure.

L’EMR-SSA a été conçu par le Service de santé des armées (SSA). Sa fonction consiste en la prise en charge de patients Covid-19 en réanimation. Après qualification et validation de cette structure à Orléans le 19 mars par la Direction des approvisionnements en produits de santé des armées (DAPSA) du SSA, elle a pu être déployée à proximité du centre hospitalier Émile Muller de Mulhouse dès le samedi 21 mars grâce au soutien du Régiment médical de l’armée de Terre (RMED). L’EMR-SSA agit depuis le 24 mars comme une véritable unité fonctionnelle de réanimation du Centre Hospitalier Émile Muller. Les équipes médicales du SSA sont parfaitement intégrées à celles du centre hospitalier.

Au quotidien, ce sont 90 militaires du SSA, soutenus techniquement par 30 militaires du RMED, qui ont contribué, avec l’appui d’une section de protection de l’armée de terre et de personnel de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI), du Service d’infrastructure de la défense (SID) et du Service du commissariat des armées (SCA), au bon fonctionnement de cette structure au service de la résilience de la Nation.

L’engagement de l’EMR-SSA ne constitue pas la seule contribution dans le domaine sanitaire de l’opération « Résilience » dans le Grand-Est. Du 18 mars au 5 avril des aéronefs militaires ont également participé au transfert de 90 patients de la région au cours de 32 missions, dont 6 assurées par A330 Morphée, 24 par des NH90, et 2 par A400M. L’Hôpital d’instruction des Armées Legouest de Metz a pris en charge 142 patients Covid-19.

  • Mission accomplie pour le PHA Dixmude

De la même façon, déployé aux Antilles dans le cadre de l’opération Résilience depuis le 17 avril, le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude a entamé le 12 mai son transit retour vers Toulon, son port base. 

Après une première phase d’acheminement de fret et de matériel depuis la métropole, le Dixmude a participé, sous le contrôle opérationnel des Forces armées aux Antilles, à des missions logistiques, de protection ou de transport sanitaire. 

Les deux hélicoptères PUMA de l’armée de Terreembarqués ont ainsi contribué à onze évacuations médicales d’urgence entre la Guadeloupe et les Antilles, y compris pour des patients atteints par d’autres pathologies que le Covid-19.  En parallèle, le bâtiment a participé au transport des forces terrestres positionnées sur les trois îles principales afin d’apporter son soutien aux populations et aux services de l’État.

Les PUMA et leurs équipages restent positionnés en Martinique pour assurer d’éventuels transports de patients, de même que le détachement du 2e Régiment de dragons, spécialiste de la désinfection. Les forces terrestres positionnées sur les trois îles poursuivent quant à elles leurs actions de soutien des autorités civiles et d’aide auprès de la population. Enfin, à Saint-Martin, le poste médical d’évacuation convoyé restera en place encore quelques semaines.

  •  … et pour la mission « Jeanne d’Arc » !

Depuis son départ de Male (Maldives) le 26 mars dernier, et dans le cadre de l’opération Résilience, le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral et la frégate légère furtive Guépratte, initialement en mission « Jeanne d’Arc », ont été placés sous le contrôle opérationnel des Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI).

Après une dernière livraison de fret à Mayotte, le groupe Jeanne d’Arc a quitté la zone le 13 mai pour entamer son transit vers Toulon, son port base. Il profitera de ce trajet pour contribuer à différentes missions opérationnelles dans le nord de l’océan Indien puis en Méditerranée et continuera sa mission de formation des officiers élèves. 

Au bilan, le Mistral a réalisé trois missions logistiques majeures au profit de Mayotte. Il a tout d’abord  projeté, le 4 avril, un sous-groupement tactique embarqué (SGTE) composé de militaires du 2e Régiment d’infanterie de marine (2e RIMa), du Régiment d’infanterie chars de marine (RICM) et du 6e Régiment du génie (6e RG), pour renforcer le Détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM). Ce SGTE  reste déployé à Mayotte dans le cadre de Résilience. Le PHA a également acheminé plus de 750 tonnes de fret alimentaire et sanitaire, et de matériel, ainsi qu’un hélicoptère civil en prévision d’éventuelles évacuations sanitaires (EVASAN) au profit du Centre hospitalier de Mayotte (CHM). Ces livraisons complètent celles du Champlain, de l’Astrolabe et du Malin.

  • Résilience continue !

Les militaires de l’opération Résilience continuent d’apporter leur concours aux autorités civiles dans le domaine logistique et ont pris une part active dans la distribution des masques en vue du déconfinement.

Un A400M Atlas est toujours déployé en Polynésie française. Cet aéronef a par ailleurs été utilisé, hors Résilience, pour évacuer un nourrisson vers la Nouvelle-Zélande où il a bénéficié d’une intervention chirurgicale.

Par ailleurs,Résilience assure toujours la protection de sites sensibles militaires et civils, ainsi que des missions de surveillance et de présence dissuasive en appui des forces de sécurité intérieure.

FAG

ACTIVITÉ DE LA FORCE

  • HARPIE : Actions coup de poing dans l’Est de la Guyane

Dans le cadre de l’opération Harpie, les Forces armées en Guyane sont engagées dans la lutte contre l’orpaillage illégal, aux côtés de la gendarmerie de Guyane. Récemment, deux actions coup de poing ont permis de contenir ce fléau illicite.

Fin avril, un Détachement autonome en forêt (DAF), constitué de légionnaires et de gendarmes, a été déployé au moyen d’un hélicoptère Puma de la ase aérienne 367 vers une zone subissant une importante activité d’orpaillage illégal.

Le DAF a débarqué sous l’appui-feu d’un hélicoptère Fennec. La rapidité d’exécution des militaires a pris au dépourvu les orpailleurs illégaux qui ont cherché à s’enfuir, mais qui ont aussitôt été interceptés par les légionnaires.

Le DAF a ensuite procédé à un vaste et méticuleux ratissage. Celui-ci a permis la découverte d’une trentaine de carbets formant un véritable village clandestin, à quelques centaines de mètres du site. Les garimpeiros n’ont pas eu le temps de démonter leur dispositif et le mercure, les stupéfiants, les centaines de litres de gasoil et d’essence, l’outillage et l’ensemble des autres matériels dont il disposaient ont été inventoriés puis détruits par les gendarmes. Les quads ont quant à eux été chargés à bout de bras dans l’hélicoptère Puma, puis acheminés à la gendarmerie pour procéder à leur saisie.

En parallèle de cette action coup de poing, un autre DAF de légionnaires et gendarmes déployé le long du fleuve Approuague, a permis la saisie de 3 pirogues et de plus de 2 000 litres de carburants.

Par leur présence quotidienne en forêt, légionnaires et gendarmes contrôlent régulièrement les sites illégaux répertoriés harcelant ainsi les garimpeiros. Grâce à leurs actions dans la durée, ils luttent contre le fléau sécuritaire, écologique et économique que constitue l’orpaillage illégal.

BARKHANE

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma et concentre son action dans la lutte contre les groupes armés terroristes dans la région dite « des trois frontières ».

ACTIVITÉ DE LA FORCE

  •  Opérations ponctuelles contre les groupes armés terroristes

Les 2 et 4 mai derniers, Barkhane a mené deux opérations destinées à affaiblir les groupes armés terroristes agissant dans deux régions distinctes de la bande sahélo-saharienne.  

La première opération s’est déroulée le 2 mai, au sud-ouest de Gossi au Mali, région où sévit le RVIM. Elle a été menée par des commandos au sol et un module héliporté appuyé par un drone. La deuxième opération a été réalisée le 4 mai, au nord de Gorom-Gorom au Burkina Faso, dans une zone d’action de l’EIGS. Des frappes aériennes de Mirage, y ont été couplées à l’engagement d’hélicoptères de combat et de drones.

Ces deux opérations ont permis de mettre hors de combats plusieurs membres de ces groupes armés terroristes, et ont également donné lieu à la destruction de 5 motos et à la saisie d’armement, de téléphones et de matériel électronique.

Avec ces deux opérations, Barkhane continue de fragiliser le potentiel offensif des groupes armés terroristes du RVIM et l’EIGS, et de contester leur sentiment d’invulnérabilité dans les régions où ils agissent.  

  • Le GTD « dragon » en opération héliportée dans le Gourma

Les 26 et 27 avril, le Groupement tactique désert (GTD) « Dragon » a mené une action coup de poing en plein cœur du Gourma malien à partir de la Base opérationnelle avancée (BOA) de Gossi, afin de caractériser la présence de terroristes. Déposés de nuit par hélicoptères, les soldats du GTD ont progressé silencieusement sur plusieurs kilomètres pour encercler une position pouvant être un lieu de passage fréquent des Groupes armés terroristes (GAT). Cette opération a permis de caractériser un point clé du terrain dans une zone d’intérêt de la force Barkhane.

La mission qui a été fixée au chef d’élément est d’interdire le sud d’une zone boisée où le soupçon concernant la présence de terroristes doit être levé. En complément de cette action d’infiltration puis d’interdiction, un autre sous-groupement tactique désert doit conduire une reconnaissance jusqu’aux lisières nord de la zone boisée, avant de lancer une action de ratissage visant à inspecter chaque recoin du bois.

Après leur dépose successive, les trois détachements s’infiltrent sur plusieurs kilomètres en prenant soin d’éviter les zones d’habitations et d’élevage.

Après un ratissage fin, doublé par de nombreuses patrouilles, aucune activité suspecte n’est décelée.

A la tombée de la nuit, les unités adoptent un dispositif de surveillance face à la zone suspecte. Il s’agit alors de s’assurer qu’aucune activité terroriste n’ait lieu à la faveur de l’obscurité sur ce point d’intérêt. Les trois éléments maintiennent leur surveillance jusqu’au lever du jour. À l’issue de cette phase tactique, les unités rembarquent à bord des hélicoptères pour rentrer à Gossi.

Par ce type d’action surprise, Barkhane démontre sa capacité à intervenir où elle le souhaite, au moment où on l’attend le moins. Ces actions sont indispensables pour créer l’incertitude chez les groupes armés terroristes et permettent d’exercer sur eux une pression constante.

  • Focus sur le partenariat de combat

Outil de prévention de crise, mais aussi d’action, le Partenariat militaire opérationnel (PMO) a pour objectif de permettre aux états partenaires de disposer de forces militaires formées, résilientes et efficaces, capables de conduire leur mission régalienne, véritable gage de sécurité et de stabilité.

La notion de PMO prend en compte l’environnement et les besoins du partenaire dans un esprit d’échange, d’approche globale et de fraternité d’armes.

Le PMO comporte trois volets majeurs : la coopération structurelle et son réseau de coopérants insérés au sein des armées des pays partenaires ; la coopération opérationnelle qui prend en compte l’instruction et l’entraînement des forces armées du partenaire ; l’accompagnement au combat, dévolu plus particulièrement aux forces en opération extérieure.

Le partenariat de combat développé par la Force barkhane s’inscrit pleinement dans ce dernier volet. La force est appuyée dans ce domaine par l’action des Éléments français au Sénégal (EFS) et des Éléments français au Gabon (EFG). Cela concerne des domaines aussi variés que le combat terrestre, les opérations aériennes (PMO air) ou les actions civilo-militaires (CIMIC).

En 2019, 4000 soldats des forces armées partenaires ont bénéficié d’une action de formation réalisée par la force Barkhane dans le cadre du partenariat de combat. L’association des partenaires aux différentes opérations est systématiquement recherchée en privilégiant une logique de binômage.

Un « partenariat de combat » est également présent dans les états-majors. La nécessité d’une bonne coordination entre les structures de commandement des différentes forces engagées revêt un caractère fondamental lorsque ces forces sont opposées au même ennemi. C’est le cas s’agissant de la lutte contre les GAT dans la région des trois frontières. Ce constat n’est pas étranger à l’instauration du Mécanisme de commandement conjoint (MCC) en mars 2020, comprenant notamment la création d’un Poste de commandement conjoint (PCC) au sein duquel évoluent 20 soldats de la Force Barkhane.

Au-delà de la coordination des opérations, l’activité de ces personnels insérés au sein du PCC recouvre également un volet « conseil » destiné à accompagner les partenaires dans les activités de planification et de conduite des opérations.

Dans le même esprit, un Détachement de liaison et de mentorat (DLM) mène des activités de conseil auprès de l’état-major de la FC-G5S. Un Détachement de liaison et de conseil (DLC) remplit quant à lui une mission similaire auprès de l’état-major des Forces armées maliennes (FAMa).

La montée en puissance des FAMa se traduit non seulement par la constitution d’un capital d’expérience au combat, mais également par l’acquisition de savoir-faire dans de nouveaux domaines. C’est le cas s’agissant de la coordination entre composantes terrestre et aérienne au travers de la formation de Guetteurs aériens tactique avancés (GATA). La constitution d’Unités légères de reconnaissance et intervention (ULRI) contribue, quant à elle, à améliorer la mobilité des unités partenaires. Enfin, la formation d’Unités spéciales anti-terroristes (USAT) permet désormais de disposer d’unités possédant un niveau adapté, dans la perspective d’engagements aux côtés de la future Task force « Takuba ».

  • Inauguration de deux puits à Tessit

Le 23 avril, les militaires du Groupement tactique désert (GTD) « Dragon » ont participé à l’inauguration de plusieurs projets d’action civilo-militaires, dont deux puits dans la ville de Tessit, dans le Gourma malien. Ces projets, conduits par l’équipe de coopération civilo-militaire (CIMIC) du GTD, répondent à certains besoins urgents de la population, et précèdent d’une manière plus générale les actions d’ampleur mises en œuvre par les acteurs du développement.

Ainsi, un puits au marché et un puits à proximité du camp des Forces armées maliennes (FAMa) ont été inaugurés en présence des autorités locales et militaires.

Les équipes coopération civilo-militaire travaillent quotidiennement auprès de la population, afin de comprendre leurs besoins premiers. Elles réalisent des projets qui faciliteront la vie du plus grand nombre de personnes.

  • Sorties air hebdomadaires (bilandu 6 au 12 mai inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 97 sorties, parmi lesquelles 30 sorties chasse, 33 sorties ISR et 34 missions de transport ou de ravitaillement.

OPÉRATION DAMAN

  • Entraînement au sein du « village de combat »

Sur le camp de Dayr Kifa, lieu de présence de la Force commander reserve (FCR), plusieurs types d’infrastructures d’entraînement sont disponibles pour permettre aux unités de maintenir au plus haut niveau leur capacité opérationnelle. Zone d’aguerrissement physique, espace multimodal d’instruction, village de combat, les chefs de section peuvent laisser parler leur imagination pour concevoir leur séance.

Parmi les infrastructures disponibles, le village de combat est certainement l’une des plus appréciées. Il s’étend sur trois niveaux, comprend des souterrains, des trappes, des conteneurs réaménagés en pièces et de l’ameublement. Les nombreux recoins du village de combat sont un « casse-tête » bénéfique pour les chefs de groupe qui ont de multiples paramètres à prendre en compte dans un espace restreint.

Que ce soient les sections d’infanterie finlandaises ou les pelotons de cavalerie français, les techniques d’évolution en combat urbain sont similaires, car optimisées pour combiner rapidité et efficacité.

Ces infrastructures opérationnelles sont aussi mises à profit dans le cadre d’activités coordonnées avec les forces armées libanaises. Prenant en compte les mesures restrictives de lutte contre le COVID-19, ces activités bilatérales ont été momentanément suspendues, mais seront reprises dès que possible, afin de profiter d’échanges de savoir-faire particulièrement enrichissants pour les Casques bleus comme pour les soldats libanais.

MER MÉDITERRANÉE

  • Fin de mission pour la FREMM Provence

Le 22 février dernier, la frégate multi-missions (FREMM) Provence appareillait pour une mission en Méditerranée. S’inscrivant dans un cadre de présence quasi permanente de frégates françaises dans cette zone, la Provence, engagée depuis début mars dans l’opération Chammalde lutte contre Daech, a ainsi contribué à la capacité d’appréciation autonome de situation de la France dans cette région.

Après dix jours de participation à l’exercice OTAN« DynamicManta » en mer Ionienne, aux côtés de navires de sept nations alliées (Allemagne, Canada, Espagne, États-Unis, Grèce, Italie et Turquie) et de multiples moyens aéromaritimes, la Provence et son détachement Caïman Marine de la flottille 31F, ont rejoint le théâtre Chammal pour entamer une patrouille active en Méditerranée orientale.

Outre l’opération Chammal, la Méditerranée orientale se caractérise par la richesse de ses ressources énergétiques et les tensions qu’elles suscitent. Par sa présence dans cette zone maritime, la Provence a contribué à mettre en évidence les activités irrégulières et à rappeler l’attachement de la France au droit maritime international, à la liberté de navigation et à la sécurisation des routes stratégiques, notamment vers le canal de Suez.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

L’opération Chammal se poursuit, et les armées restent résolument engagées dans leur lutte contre l’organisation terroriste Daech.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

  •  Chammal conduit une frappe contre Daech.

Le 10 mai, une patrouille de deux Rafale a décollé de Jordanie depuis la base aérienne projetée au Levant pour s’intégrer dans une opération de contrôle de zone planifiée par les forces de sécurité irakiennes.

Tôt dans la matinée, après un ravitaillement en vol effectué par un KC-10 américain, les Rafale ont procédé au tir d’une bombe AASM qui a totalement détruit un bâtiment utilisé par les combattants de Daech comme bed down location (BDL) — lieu de repli —, à l’ouest de Kirkouk, dans une zone identifiée comme sanctuaire pour le groupe terroriste.

Cette mission participe directement à la réduction du potentiel militaire de l’organisation terroriste afin de prévenir toute résurgence de sa part et permet d’appuyer les forces irakiennes engagées au sol.

Les Rafale de la BAP poursuivent leur mission quotidienne d’appui des forces irakiennes dans leur lutte contre Daech et effectuent aussi des missions de reconnaissance et de supériorité aérienne, au-dessus de l’Irak et de la Syrie aux côtés des autres membres de la coalition.

  • Sorties air hebdomadaires (bilandu 6 au 12 mai inclus)

Les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis poursuivent leurs actions contre Daech, au sein de la Coalition. Cette semaine, les avions engagés dans l’opération Chammal ont réalisé 12 sorties aériennes et délivré une frappe.

FFEAU

  • La Frégate multi-missions Languedoc a franchi Suez pour rejoindre l’opération Agenor

Après son transit dans le canal de Suez dans la nuit du 10 au 11 mai, la frégate multi missions (FREMM) Languedoc vient de rejoindre l’océan Indien en vue de relever la frégate de défense aérienne Forbin dans l’opération Agenor de protection des intérêts européens et internationaux dans le détroit d’Ormuz.

Cette mission intervient quelques semaines après que la FREMM a achevé son cycle d’entraînement opérationnel, avec un appareillage à Toulon le 25 avril.

La FREMM Languedoc navigue désormais vers sa nouvelle mission : protéger les intérêts européens et internationaux dans le détroit d’Ormuz dans le cadre de l’opération Agenor lancée par la France et ses partenaires. Que ce soit en Méditerranée ou dans le détroit d’Ormuz, le déploiement de la frégate Languedoc montre ainsi l’attachement de la France à la sécurité maritime, à la liberté de navigation et au respect du droit international.