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Comme chaque semaine, l’État-major des Armées fait le point sur ses différentes opérations à travers la planète. Voici donc le point sur les opérations françaises entre le 8 et le 14 novembre 2019.

TERRITOIRE NATIONAL – METROPOLE

SENTINELLE : « PLAN BLANC » : EXERCICE DE DEPLOIEMENT D’URGENCE A L’HOPITAL TROUSSEAU

Le mardi 5 Novembre 2019, une section du 503e RT, actuellement déployée sur l’opération Sentinelle en Ile-de-France, a participé à un exercice « plan blanc » organisé à l’hôpital Trousseau à Paris.

Cet exercice a été réalisé afin de tester l’efficacité du déploiement d’une section de « Quick Reaction Force » (QRF) en cas de déclenchement du « plan blanc ». Ce plan est un dispositif exceptionnel mis en place par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP – HP) en cas d’attaques meurtrières impliquant l’arrivée massive de blessés dans les hôpitaux.

Dans le cadre de cet exercice, l’hôpital Trousseau a demandé l’intervention des militaires de Sentinelle pour sécuriser le site et ses accès, tout en permettant au service de santé de travailler dans les meilleures conditions. Les militaires de la Quick Reaction Force ont donc protégé et tenu les différents points d’accès de l’hôpital et ils en ont assuré l’herméticité à l’intérieur comme à l’extérieur grâce aux patrouilles légères d’observation (PLO).

Dans ce test grandeur nature, la section est en contact direct avec la direction de l’hôpital qui coordonnent les actions des différents services de l’établissement, du service de réanimation aux équipes encadrantes. De cette manière, la prise en charge de nombreux blessés et l’arrivée de nouvelles victimes s’opèrent sans entrave et en toute sûreté.

ELEMENTS FRANÇAIS AU GABON

FORMATION DES FUTURS CASQUES BLEUS GABONAIS DE LA MINUSCA

Du 2 septembre au 31 octobre, les éléments français au Gabon (EFG) ont assuré la formation d’un bataillon gabonais qui sera prochainement déployé au sein de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA ou mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique).

Durant deux mois, plus de 350 militaires gabonais ont été formés pour cette opération par les instructeurs des EFG. Les différentes instructions organisées ont profité à trois compagnies du 1er régiment de parachutistes gabonais mais également à des officiers travaillant en centre opérations et des spécialistes dans le domaine du soutien. L’objectif était d’accompagner la montée en puissance d’un bataillon complet en proposant des formations pratiques et adaptées aux besoins de chacun.

Les compagnies de combat ont reçu une formation complète. Les différents modules ont permis de travailler sur les multiples scénarios qui pourront être rencontrés en mission (contre engins explosifs improvisés (IED) escorte de convoi, contrôle de foule, secourisme au combat, topographie, réaction face à une embuscade, Instruction sur le tir de combat). Pour ces soldats, la formation s’est conclue par une séquence de restitution des savoir-faire. Au même moment se déroulait une formation pour les officiers du bataillon travaillant en état-major, tandis que plusieurs formations techniques ont été organisées au profit du personnel chargé du soutien du bataillon.

Grâce à l’implication des instructeurs des EFG, ce bataillon gabonais sera, à compter du mois de décembre, déployé en République centrafricaine avec tous les savoir-faire nécessaires pour mener à bien sa mission au service de la paix durant une année.

FORCES FRANCAISES DE DJIBOUTI

COOPERATION AVEC LA MARINE DJIBOUTIENNE

Courant octobre, le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) Loire a été déployé dans la zone de responsabilité des forces françaises à Djibouti (FFDj), pour répondre à la demande de la Marine nationale djiboutienne de remplacer le coffre des sept frères (Iles Séba) au nord-est du pays, disparu en 2016. Ce coffre permet aux patrouilleurs de la marine djiboutienne et des garde-côtes de s’amarrer en sécurité dans une zone où ils opèrent quotidiennement.

Travaillant avec les plongeurs de la base navale de Djibouti, cette opération délicate a permis de fournir un soutien apprécié au partenaire djiboutien et de montrer toutes les qualités et capacités du BSAM. Le chef d’état-major de la marine djiboutienne, l’attaché de défense et le commandant de la base navale des FFDj se sont rendus par treuillage sur le BSAM durant la mise en place de ce coffre.

Ce déploiement a également été mis à profit pour renforcer les liens d’amitié entre la France et Djibouti lors d’une journée à quai à laquelle ont participé le ministre de la Défense de Djibouti, le commandant des FFDj ainsi que l’ambassadeur de France. Deux officiers de la marine djiboutienne ont également embarqué sur la Loire pendant quelques jours, pour coordonner les actions et profiter d’une expérience avec les marins français.

Parallèlement, le BSAM Loire et les forces françaises à Djibouti ont réalisé des entraînements interarmées. Ainsi, un Tarpon (manœuvre consistant à récupérer à la mer un détachement de commando et ses embarcations, après parachutage) a été conduit ainsi que plusieurs manœuvres avec des hélicoptères de l’ET 88 (escadron de transport de la BA 188) et du détachement de l’aviation légère de l’armée de Terre du 5e régiment interarmes d’Outre-mer.

FORCES FRANÇAISES AUX EMIRATS ARABES UNIS

AU CŒUR DE LA MONTEE EN PUISSANCE DES SECTIONS DE RECONNAISSANCE DE LA BRIGADE QRF JORDANIENNE

Le 6 novembre 2019, le Contre-amiral Didier Maleterre, Amiral commandant la zone maritime Océan indien (ALINDIEN), est allé à la rencontre du Colonel commandant la brigade de réaction rapide jordanienne (Quick Reaction Force – QRF) sur le camp d’Al Humayma.

La brigade QRF jordanienne a été conçue pour pouvoir réagir sous court préavis, grâce à ses trois bataillons répartis sur le territoire jordanien. Cette force multimission, composée de 2500 hommes, est l’une des seules unités projetables parmi les forces armées jordaniennes (FAJ).

La France mène actuellement une formation au profit des trois sections de reconnaissance de la QRF, dont le suivi est assuré par les forces françaises aux Emirats Arabes Unis (FFEAU). Demandé par le Roi Abdallah II de Jordanie, ce soutien participe à l’optimisation de l’outil de défense jordanien. L’objectif est ainsi d’approfondir la capacité d’intervention des FAJ en complément de leur expertise de sécurisation des frontières.

Les trois sections de reconnaissance de la brigade QRF se sont appropriés les savoir-faire de la réaction rapide avec le soutien des détachements d’instruction français: tir collectif, actes réflexes devant les engins explosifs improvisés, combat en zone urbaine et désertique, appui feu, constitution de dossiers d’objectifs et savoir-faire dans le domaine du renseignement tactique. Les détachements d’instruction opérationnelle (DIO) de l’armée de Terre accompagnent la montée en puissance de la QRF par une formation régulière, dont les FFEAU assurent la cohérence grâce à la feuille de route qu’elles ont conçue avec le partenaire jordanien.        

L’évaluation des savoir-faire, menée à la fin de chaque détachement d’instruction, permet une progression continue des militaires. Leurs capacités aux niveaux individuel et groupe ayant été consolidée, ils abordent maintenant le dernier volet : la formation au niveau section qui leur permettra de mener des opérations en autonomie.

À la fin de sa visite, l’Amiral a insisté sur l’importance de la coopération au profit de l’interopérabilité, rappelant que cette formation s’inscrit dans le cadre d’une coopération équilibrée avec nos alliés britanniques, américains et canadiens.  Les sections de reconnaissance ainsi formés sont l’échelon précurseur qui permet ensuite le déploiement des échelons de deuxième et de troisième niveau du bataillon, formés par nos alliés. Cette complémentarité réussie est la clé de la montée en puissance de la brigade QRF. 

GOLFE DE GUINEE – CORYMBE

CORYMBE : TRANSFERT D’AUTORITE ENTRE LE BCR SOMME ET LA FREGATE GERMINAL

Le Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement (BCR) Somme et son escorteur, la frégate de surveillance (FS) Germinal, ont assuré ensemble le mandat 149 de la mission Corymbe visant à contribuer à la diminution de l’insécurité maritime en aidant au renforcement des marines riveraines dans le cadre de l’architecture de Yaoundé.

Après neuf jours d’exercice Grand African NEMO auquel les deux bâtiments ont participé en soutien de nombreux acteurs africains, européens et américains, la traditionnelle passation de flambeau matérialisée a eu lieu le mercredi 6 novembre 2019 sous la haute autorité du vice-amiral d’escadre Lozier, commandant la zone maritime Atlantique et, à ce titre, contrôleur opérationnel de la mission Corymbe. En effet, après le départ de la Somme de Tema, le Germinal assurera seul la fin du 149e mandat Corymbe jusqu’à la remise du totem à son successeur. L’amiral Lozier a souligné à cette occasion la constance de l’engagement de la France dans cette zone stratégique.

Ce transfert s’est effectué en la présence de madame Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, qui participait ce jour-là au VIP Day clôturant l’édition 2019 de Grand African NEMO.

EFP – ESTONIE – MISSION LYNX

ENTRAINEMENT EN DETACHEMENT INTERARMES A DOMINANTE CAVALERIE POUR LES FANTASSINS DU SGTIA

Du 6 au 8 novembre 2019, les groupes d’infanterie du sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) de la mission Lynx 6 se sont entraînés avec le peloton de cavalerie des chars Leclerc au sein de détachements interarmes (DIA) à dominante cavalerie.

Sur Central Training Area, la principale zone d’entrainement en Estonie, fantassins et cavaliers ont manœuvré ensemble afin de développer leurs capacités de combat interarmes. Les uns après les autres, les groupes d’infanterie ont pu se former aux procédés de combat de la cavalerie et s’emparer d’objectifs en étant protégés par les chars. Les véhicules de combat blindé de l’infanterie et les Leclerc se sont ensuite entraînés aux manœuvres blindées.

L’entraînement s’est poursuivi par un exercice de combat où en utilisant du renseignement fourni par un groupe de tireurs d’élite, fantassins et cavaliers ont reconnu un itinéraire, évité un point miné et réagi à une embuscade.

Durant l’intégralité de leur déploiement, les soldats du SGTIA bénéficient de nombreux entraînements interarmes tels que celui-ci, ce qui leur permet d’une part de travailler des savoirs- faire moins habituels, d’autre part de maintenir leur condition opérationnelle à un excellent niveau.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THEATRE

L’opération Chammal, volet français de l’Opération Inherent Resolve, se poursuit en dépit des évènements dans le nord-est syrien. Les armées restent résolument engagées dans leur lutte contre l’organisation terroriste Daech.

Les avions français poursuivent leurs missions sur la zone d’opération Chammal et le volet conseil et formation des forces de sécurité irakiennes se poursuit grâce à l’action des Task Force Monsabert et Narvik à Bagdad. Cet appui contribue à la lutte contre Daech et participe à la sécurisation de l’Irak.

La ministre des Armées, madame Florence Parly, a d’ailleurs reçu son homologue irakien Monsieur Najah Hassan Ali al-Shammari, le 13 novembre à l’Hôtel de Brienne. Cette rencontre a permis à la ministre de confirmer à son homologue le soutien sans faille de la France dans la lutte contre Daech, à l’heure où la menace persiste au Levant.

ACTIVITE DE LA FORCE

  • Ø La TF Narvik forme à l’utilisation de la photographie dans le renseignement

Des instructeurs français de la Task Force Narvik ont dispensé une formation dans le cadre d’un stage ICC (Intelligence Counter Course), à dominante renseignement, au profit de 8 stagiaires irakiens de la troisième école de l’ICTS (Iraki Counter Terrorism Service).

Durant une semaine, les stagiaires irakiens ont été spécifiquement formés à l’utilisation de la photographie militaire. Ils ont tout d’abord suivi des cours théoriques puis des cours pratiques pour la prise en main d’un appareil photo, une découverte pour certains stagiaires. Ensuite, les instructeurs français les ont formés sur les techniques de réalisation d’images de renseignement, utilisées pour recueillir des informations essentielles sur des personnes ou des lieux ciblés. Les stagiaires irakiens ont eu l’occasion de s’exercer à ces techniques via des exercices de mise en situation, y compris lors d’un exercice nocturne où la difficulté résidait dans la prise de photo sans flash afin de ne pas se faire repérer.

Cette formation s’inscrit dans le cadre d’un stage comprenant plusieurs modules à dominante renseignement, et couvrant une période s’étalant du 28 octobre au 11 décembre 2019. Cette formation traite de sujets allant de la rédaction de compte-rendu à la recherche d’informations sur du personnel ou du matériel, en passant par les techniques d’entretien. Elle permet à l’ICTS d’avoir des spécialistes du renseignement qui renforcent la capacité des forces armées irakiennes à lutter plus efficacement contre Daech.

  • Ø Sorties air hebdomadaires (bilan du 06 au 12 novembre inclus)

Les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis poursuivent leurs actions contre Daech, au sein de la Coalition. Cette semaine, les Rafale et l’Atlantique 2 engagés dans l’opération Chammal ont réalisé 21 sorties aériennes.

BARKHANE

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

Dans une logique d’approche zonale en Bande Sahélo-Saharienne, La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma – grande comme un quart du territoire métropolitain français – en appuyant les forces partenaires par le biais d’opérations conjointes et en agissant au profit de la population.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

Cette semaine Barkhane et ses partenaires ont poursuivi leur effort de lutte contre les groupes armés terroristes dans le Liptako-Gourma. L’effort est particulièrement marqué dans la région dite des « trois frontières », avec l’opération Bourgou 4, annoncée par la ministre des Armées lors de son déplacement au Sahel.

Cette opération conjointe dirigée contre les groupes armés terroristes, se caractérise par une participation inédite des forces partenaires burkinabé, malienne et nigérienne, ainsi que de la Force Conjointe du G5-Sahel, qui représentent plus de la moitié des militaires engagés.

  • Ø Le programme SCORPION au cœur du désert malien

Barkhane se lance dans l’expérimentation de tablettes et smartphones du nouveau système d’information et de communication SCORPION (SICS). Cette avancée dote les unités tactiques désert, à titre expérimental, de moyens numérisés portatifs légers, leur donnant des capacités intuitives et pratiques de navigation et de préparation des missions.

Le programme SCORPION vise à créer un système de combat tactique évolutif et flexible à même de remplir toutes les missions opérationnelles présentes et futures de l’armée de Terre. Le renouvellement et la modernisation des moyens d’information et de communication est une ambition constante de Barkhane. A ce titre, les groupements tactiques désert n°1 et n°2, le groupement tactique logistique, le groupement renseignement multi-capteurs, et les éléments organiques de théâtre du génie ont été dotés de ces nouveaux outils car ils sont représentatifs des domaines fonctionnels manœuvrant dans les immensités désertiques de la Bande Sahélo-Saharienne.

Plus de 100 terminaux numériques SICS-Débarqué Lite (80 tablettes et 20 smartphones) ont été déployés sur le théâtre dont une majorité sur l’opération majeure BOURGOU 4. Les unités expérimenteront au cœur de leur mission opérationnelle ce concept innovant de moyens numérisés portatifs et participeront activement à l’amélioration des outils.

  • Ø Inauguration d’une école à N’Djamena

Le 6 novembre, une délégation française a inauguré l’école Karkandjiri du quartier de Farcha à N’Djamena. La force Barkhane a supervisé la construction d’une partie de cette école et la réfection de certains bâtiments.

A la demande des autorités tchadiennes, et ayant connaissance des difficultés auxquelles doivent faire face les enseignants de Karkandjiri, Barkhane a décidé une nouvelle fois de contribuer aux travaux d’amélioration des conditions d’accueil de l’école. En 2017, Barkhane avait participé à la construction des blocs sanitaires et réhabilité le puits permettant aux élèves d’avoir de l’eau potable.

L’école, qui regroupe les classes élémentaires et un collège et qui accueille environ 800 élèves, était vétuste et menaçait de s’effondrer. En moins de 2 mois, un nouveau bâtiment a été entièrement réhabilité permettant d’accueillir 3 nouvelles classes du collège. Les fenêtres ont été changées, l’intérieur repeint et des auvents ont été installés. Les salles de classe ont été équipées de bancs, de tables, de chaises et de placards. Deux bureaux ont également été rénovés pour les directeurs de l’école primaire et du collège.

  • Ø Sorties air hebdomadaires (bilan du 06 au 12 novembre inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 83 sorties, parmi lesquelles 24 sorties de chasse, 32 sorties de ravitaillement/ISR et 27 missions de transport.