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Comme chaque semaine, l’État-major des Armées fait le point sur ses différentes opérations à travers la planète. Voici donc le point sur les opérations françaises entre le 1er et le 7 novembre 2019.

BARKHANE

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

La semaine a été évidemment et tristement marquée par la mort du brigadier-chef Ronan Pointeau, qui est allé au bout de son engagement contre les groupes armés terroristes. Les Armées saluent sa mémoire et témoignent leur profonde compassion à sa famille, à ses proches, et à ses camarades.

La semaine a également été marquée par l’attaque du camp FAMA d’In Delimane. Les armées du Sahel paient un lourd tribut dans la lutte contre les groupes armés terroristes. Nous saluons ici aussi la mémoire des soldats maliens qui ont péri dans l’accomplissement de leur mission.

Comme l’a rappelé la ministre des Armées, Florence Parly, les attaques récentes contre les camp FAMa, et en particulier la violente attaque contre le camp d’Indelimane, nous rappellent combien la lutte contre les groupes armés terroristes est complexe et âpre. La mort du brigadier-chef Ronan Pointeau en témoigne également.

Ces évènements n’affectent pas notre détermination à lutter contre les groupes armés terroristes. Cette lutte est longue, mais nécessaire, pour affermir les acquis dans le Liptako-Gourma et poursuivre l’effort pour permettre aux habitants du Sahel de revenir à une vie normale, débarrassée de la menace terroriste. Le chef d’ état-major des Armées l’a rappelé, les maîtres mots sont la patience et la détermination.

Barkhane n’est pas le seul acteur de cette lutte. L’ONU, l’Union européenne et les forces partenaires y participent également activement. Pour autant, la victoire sera la victoire des pays du Sahel.

Enfin, la victoire ne sera pas que militaire. Le retour du développement et de la gouvernance dans les régions frappées par les groupes terroristes est essentiel. Barkhane y assume sa part, avec pour objectif de créer les conditions de sécurité nécessaires au retour des Etats.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

  • Ø Neutralisation d’un leader djihadiste

Le 9 octobre, les commandos de la force Barkhane ont neutralisé, dans la région de Tombouctou, au Mali, le leader djihadiste Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou , au cours d’une opération héliportée.

Membre d’Al Qaïda au Maghreb islamique, il était également le principal référent religieux au sein du RVIM, qu’il a contribué à fonder, et il était responsable de nombreuses attaques terroristes au Sahel.

Ali Maychou était inscrit dès 2012 dans une alerte rouge d’Interpol demandant son arrestation.

Il était également inscrit sur la liste du comité des sanctions des Nations-Unies depuis le 14 août 2019.

Avec sa mort, c’est un nouveau coup dur porté à cette organisation terroriste.

Barkhane démontre ainsi une nouvelle fois sa détermination à démanteler les réseaux terroristes et à entraver leur action au Sahel.

  • Ø Fin de la période de relève majeure

La base aérienne projetée de Niamey a été le centre névralgique de l’organisation et de la mise en œuvre de la relève majeure des unités engagées au sein de Barkhane, qui a été conduite au cours des mois de septembre et d’octobre. En effet, chaque militaire de Barkhane arrivant de France par avion stratégique passe d’abord par la BAP de Niamey avant d’être déployé par aéronef de transport tactique sur les plateformes opérationnelles.

La force a ainsi orchestré les mouvements de plusieurs milliers de passagers et de près de 700 tonnes avec la France par le biais de 21 rotations d’aéronefs de transport stratégique A310 ou A340 de l’escadron de transport Estérel de l’Armée de l’air. La ventilation du personnel et de leur matériel sur l’ensemble des plateformes du fuseau ouest aura ensuite nécessité pas moins de 418 sorties aériennes tactiques d’aéronefs français, allemands, espagnols britanniques ou américains.

Le bon déroulement de ces opérations, planifiées de longue date, repose sur le centre de soutien des opérations et des acheminements (CSOA) et le poste de commandement interarmes de théâtre (PCIAT) ainsi que sur la réactivité des détachements de transit interarmées aériens (DETIA) de Niamey, Gao, Tombouctou et Tessalit, des officiers logistiques des groupements tactiques, des équipages de transport aérien qui œuvrent sans relâche de jour comme de nuit, pendant plus d’un mois et demi. Enfin, au cœur de la relève, le centre de coordination interarmées des transports, transits et mouvements (CCITTM) de Niamey est la véritable tour de contrôle de l’opération de relève et contribue à planifier et à conduire ces flux en coordination avec le JFAC AFCO (Joint Force Air Component Command – Commandement de la composante air de la force interarmées – de l’Afrique centrale et de l’ouest), situé à Lyon.

  • Ø Sorties air hebdomadaires (bilan du 30 octobre au 5 novembre inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 122 sorties, parmi lesquelles 36 sorties de chasse, 25 sorties de ravitaillement/ISR et 61 missions de transport.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THEATRE

L’opération Chammal, volet français de l’Opération Inherent Resolve, se poursuit en dépit des évènements dans le nord-est syrien. Les armées restent résolument engagées dans leur lutte contre l’organisation terroriste Daech.

Les avions français poursuivent leurs missions sur la zone d’opération Chammal et le volet conseil et formation des forces de sécurité irakiennes se poursuit grâce à l’action des Task Force Monsabert et Narvik à Bagdad. Cet appui contribue à la lutte contre Daech et participe à la sécurisation de l’Irak.

ACTIVITE DE LA FORCE

  • Ø La Task Force Narvik forme les officiers de l’ICTS à la pédagogie

Fin septembre et courant octobre, la Task Force Narvik a formé à la pédagogie les officiers élèves de l’Iraki Counter Terrorism Service (ICTS). Cette formation pour 114 futurs officiers irakiens s’inscrit dans une session multi-domaines destinée à améliorer leur capacité de commandement.

Les instructeurs de la TF Narvik, spécialistes et formateurs, sont reconnus pour leurs capacités à délivrer des formations de haute technicité dans leur domaine de spécialité. Ainsi, l’instruction pédagogique des futurs officiers des forces spéciales irakiennes leur a été confiée.

A travers ces cours, la TF Narvik appuie l’ICTS dans la formation de ses futurs officiers qui, par leur capacité à transmettre ordres et savoir-faire, affirment leur compétence de meneurs d’hommes dans le combat contre Daech.

  • Ø Transfert d’autorité pour la Task Force Narvik

Le lundi 4 novembre, à Bagdad, le général de brigade aérienne Stéphane DUPONT, représentant national principal de théâtre, a présidé la cérémonie de passation de commandement de la Task Force (TF) Narvik entre le lieutenant-colonel Gaëtan et le lieutenant-colonel Jacques, en présence du détachement français, d’une délégation irakienne et d’une délégation de la coalition.

Le mandat XIV de la TF Narvik s’est distingué par l’introduction du premier stage à destination des futurs officiers de l’ICTS et du stage d’effraction des sapeurs des bataillons des forces spéciales. Il a ainsi contribué à la pérennité des savoir-faire de ces unités d’élites qui sont les premières au front dans le combat contre Daech.

  • Ø Sorties air hebdomadaires (bilan du 30 octobre au 5 novembre inclus)

Les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis poursuivent leurs actions contre Daech, au sein de la Coalition. Cette semaine, les Rafale et l’Atlantique 2 engagés dans l’opération Chammal ont réalisé 26 sorties aériennes et ont délivré une frappe.

 Pour mémoire cette frappe, menée de manière conjointe et coordonnée avec d’autres éléments de la Coalition internationale, et précédée d’une observation par l’Atlantique 2, a permis de détruire des caches de Daesh dans le nord-est irakien. Ces caches étaient utilisées comme base arrière pour ses actions, et leur destruction permet de dégrader les capacités logistiques et militaires de Daech dans cette région.

ZONE MARITIME : GOLFE DE GUINEE

GRAND AFRICAN NEMO 2019

Du 28 octobre au 5 novembre s’est déroulé le rendez-vous annuel majeur de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, l’exercice Grand African NEMO 2019. De l’archipel du Cap Vert à l’Angola, 19 marines riveraines de la zone et 6 marines investies dans la sécurisation du golfe de Guinée (Belgique, Brésil, Espagne, Etats-Unis, France et Portugal) ont mené au total 29 exercices touchant à la pêche illicite, au sauvetage, à l’assistance en mer et à la lutte contre la piraterie, les trafics illicites, le narcotrafic et les pollutions en mer, ainsi qu’une vingtaine de pistages de navires menés par les centres opérationnels des marines riveraines et les centres multinationaux de coordination (CMC).

35 bâtiments, du patrouilleur à la frégate, en passant par le bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme, 7 aéronefs dont 2 avions de patrouille maritime ainsi que 20 observateurs et officiers de liaison ont été mobilisés dans un espace couvrant plus de 3 500 000 km² de zones économiques exclusives et 6 000 km de côtes.

Le débriefing de l’édition 2019 de Grand African NEMO s’est tenu 6 novembre 2019 au large du Ghana en présence notamment de Mme la secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Armées françaises, Geneviève Darrieussecq, du vice-amiral Seth Amoama, chef d’état-major de la marine ghanéenne, et du vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier, commandant en chef pour l’Atlantique.

Cet exercice s’est conclu par la tenue de la conférence du G7++ FoGG ou « Groupe des amis du Golfe de Guinée », le 5 novembre à Accra au Ghana, présidée cette année par le Ghana et la France.