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Comme (presque) chaque semaine, l’État-major des Armées fait le point sur ses différentes opérations à travers la planète. Voici donc le point sur les opérations françaises entre le 26 septembre et le 3 octobre 2019.

NOUVELLE-CALÉDONIE

EXERCICE ÉQUATEUR 2019

Du 23 septembre au 4 octobre se déroule l’exercice EQUATEUR 2019 à l’état-major interarmées des forces armées en Nouvelle Calédonie (FANC).

EQUATEUR 2019 est un exercice interarmées et interalliés de niveau état-major, c’est-à-dire sans déploiement de troupes au sol. Il est organisé tous les 2 ans, en alternance avec l’exercice CROIX DU SUD qui en constitue la partie dynamique.

EQUATEUR 2019 est un jalon supplémentaire dans l’interopérabilité et la connaissance mutuelle qui constituent le fondement des opérations multinationales. Il met en œuvre tout le savoir-faire opérationnel des FANC dans le domaine de la planification et de la conduite d’une opération de secours d’urgence interalliées et interservices.

Cette année, 12 nations (Australie, Etats-Unis, Fidji, France, Indonésie, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Royaume-Uni, Tonga, Iles Salomon, Japon et Vanuatu) étaient présentes, avec une centaine de militaires impliqués.

L’exercice a débuté par une semaine de planification, avant de se consacrer à la conduite de l’opération depuis le poste de commandement.

Le scénario a été conçu dans le but de gérer les conséquences d’une catastrophe naturelle dans cette zone à haut risque. Cette année, la force multinationale ainsi constituée a pour mission de conduire, depuis son état-major, une opération d’assistance aux populations intégrant un volet sécurisation de l’aide humanitaire et évacuation de ressortissants.

MER BALTIQUE

OPÉRATION FRANCO-ESTONIENNE EN MER BALTIQUE

Après avoir participé à un exercice OTAN en mer Baltique, destiné à renforcer l’interopérabilité des Alliés dans ce domaine tout en contribuant aux mesures d’assurance de l’Alliance dans cette région, le bâtiment chasseur de mines tripartite (CMT) Croix du Sud a mené une action de coopération bilatérale avec la marine estonienne du 23 au 25 septembre. À cette occasion, un officier de liaison estonien a embarqué trois jours à bord.

L’objectif de cette coopération était la recherche et la neutralisation de mine. Une mine datant de la Première guerre mondiale a ainsi été découverte puis détruite par l’équipage du Croix du Sud.

A l’issue de cette opération de contre-minage, le Croix du Sud a fait escale à Helsinki avant de poursuivre son déploiement.

Rappelons que l’Estonie fait partie des partenaires européens engagés aux côtés de la force Barkhane au Sahel et qu’un détachement français – le détachement Lynx – est actuellement déployé à Tapa dans la cadre de la présence avancée renforcée de l’OTAN (eFP).

OTAN – EFP – MISSION LYNX

EXERCICE CRIMSON MARSOUIN

Démonstration grandeur nature de l’employabilité du SGTIA Lynx 6 au sein du bataillon eFP

Du 26 septembre au 2 octobre, le Sous-Groupement Tactique Interarmes (SGTIA) Lynx 6 a participé à l’exercice interalliés CRIMSON MARSOUIN, voyant l’ensemble du bataillon franco-britannique manœuvrer de concert sur le Central Training Area (CTA), zone centrale d’entrainement estonienne.

La manœuvre a efficacement illustré la capacité du SGTIA à prendre une alerte opérationnelle, en déroulant les phases de mise en ordre de bataille puis de déploiement sur le CTA. L’exercice avait été pensé afin de tester la capacité du SGTIA et des éléments britanniques à œuvrer de concert au sein du bataillon.

Une fois déployé, le SGTIA a enchaîné plusieurs manœuvres défensives, avant d’appuyer la manœuvre offensive du bataillon afin de s’emparer conjointement de plusieurs objectifs.

La réussite d’une manœuvre de ce type est conditionnée par la qualité de la préparation opérationnelle en amont. Fantassins, cavaliers, sapeurs et artilleurs se sont ainsi entraînés ensemble à de nombreuses occasions : au Centre d’Entrainement au Tir Interarmes (CETIA) de Canjuers en février, au camp de La Courtine en mai, et lors d’une rotation au Centre d’Entrainement aux actions en Zone Urbaine (CENZUB) en juillet.

Cette capacité s’est également renforcée au cours des exercices interalliés conduits depuis un mois, notamment la manœuvre interarmes Furious Hawk en Lettonie, ainsi que l’exercice d’interopérabilité de matériels du 24 septembre.

Rendez-vous majeur du mandat Lynx 6, CRIMSON MARSOUIN a ainsi donné l’occasion aux soldats de la 9ème Brigade d’Infanterie de Marine de démontrer leur valeur opérationnelle tout en soulignant la robustesse du dispositif français engagé au sein du bataillon eFP.

FINUL – OPERATION DAMAN

STEEL STORM – EXERCICE DE TIR POUR LA FCR

Du 23 au 28 septembre, l’ensemble des contingents de la FINUL se sont succédés sur un pas de tir en bord de mer, proche de la Blue-line, pour participer à l’exercice de tir organisé par la Force Commander Reserve (FCR).

Durant cette semaine, plus de 800 tireurs de différentes nationalités avaient rendez-vous sur ce pas de tir où près de 80 000 munitions, du calibre 5.56 mm au 105 mm, ont été tirées. Une préparation de plusieurs mois a été nécessaire afin de coordonner les tirs conjoints entre les différentes unités et l’armée libanaise.

La Marine Task Force (MTF) de la FINUL était également sollicitée avec une de ses corvettes qui avait pour mission de surveiller la zone de tir. Trois patrouilleurs légers de l’armée libanaise étaient chargés de la mise en place des cibles et de l’intervention en cas de problème ou d’intrusion dans la zone de tir.

Les transmetteurs de la FCR ont assuré la liaison entre les bâtiments en mer, le JOC (Joint Operations Center) de la FINUL et la base de DAYR-KIFA en mettant en place des liaisons satellites pour la messagerie et les réseaux informatiques.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

L’opération Chammal, volet français de l’Opération Inherent Resolve, poursuit sa mission de lutte contre Daech et continue à appuyer les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et les Forces de Sécurité Irakiennes (FSI).

En Irak, dans le Nord-Est syrien et dans la Moyenne Vallée de l’Euphrate, la situation sécuritaire est stable. Les FSI comme les FDS y poursuivent leurs différentes opérations de ratissage et de sécurisation contre les cellules clandestines de Daech.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

La France poursuit son engagement au sein des piliers « appui » et « formation » de la Coalition. Au sein de ce dernier, les armées françaises participent directement à l’amélioration des capacités et des savoir-faire de l’armée irakienne par l’action des Task Force Narvik et Monsabert, déployées à Bagdad. Cet appui à la formation et à l’entraînement des forces de sécurité irakiennes contribue à la lutte contre Daech et participe à la sécurisation de l’Irak.

CHAMMAL : La Task Force Narvik forme les officiers de l’ICTS à la topographie

Du 21 au 24 septembre 2019, la Task Force (TF) Narvik a mené une formation de topographie à destination des officiers élèves de l’Iraki Counter Terrorism Service (ICTS). Cette formation pour 114 futurs officiers irakiens s’inscrit dans une session multi-domaines destinée à améliorer leur capacité de commandement, avec notamment de la pédagogie et donc de la topographie, savoir-faire essentiel pour l’engagement opérationnel.

Les instructeurs Français se sont concentrés sur la maîtrise d’outils ne nécessitant pas de source d’alimentation ou de liaisons externes. En effet, les GPS, que les officiers élèves irakiens maîtrisent parfaitement par ailleurs, sont soumis aux problématiques de batterie, de brouillage d’ondes ou tout autre dysfonctionnement, comme l’ensemble des outils technologiques actuels.

La lecture de carte, l’utilisation de boussoles d’artillerie, les outils de calculs de coordonnées et de direction ouvrent aux stagiaires la possibilité de conserver une vision claire de leur environnement sans dépendre de technologies risquant de défaillir.

A la suite des apports théoriques en salle de cours, l’équipe d’instructeurs a préparé des courses d’orientation chronométrées pour entraîner les différentes équipes de stagiaires. Ces parcours ont pour objectif d’affiner la capacité de chaque officier élève à se repérer rapidement et avec précision.

Sorties air hebdomadaires (bilan du 25 septembre au 1er octobre inclus)

Les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis poursuivent leurs actions contre Daech, au sein de la Coalition. Cette semaine, les Rafale et l’Atlantique 2 engagés dans l’opération Chammal ont réalisé 21 sorties aériennes.

ÉLÉMENTS FRANÇAIS AU SÉNÉGAL

LA FRANCE FORME UN BATAILLON TOGOLAIS AVANT SA PROJECTION AU SEIN DE LA MINUSMA

Du 9 au 19 septembre, 43 spécialistes de l’unité de coopération régionale des Cléments Français au Sénégal (EFS) ont réalisé à Lomé la mise en condition d’un bataillon togolais avant sa projection sous mandat MINUSMA. Le bataillon a pu profiter d’un stage de deux semaines afin de parfaire ses procédures dans 7 domaines différents.

La première semaine a permis de reprendre les bases du combat et de revoir les procédures : les sapeurs ont travaillé la réaction à un IED, les artilleurs la mise en place de batteries mortier, les fantassins l’exécution de missions de reconnaissance et de contrôle de zone, et le PC la conduite des opérations. Les EFS ont également mis en place des cellules spécifiques afin d’enseigner le secourisme au combat, le guidage aérien tactique avancé ou encore l’édition de cartes via des logiciels spécialisés.

La deuxième semaine, les instructeurs ont mis en place des conditions de travail proches de celles que le bataillon togolais connaîtra prochainement en réel. L’effort a tout particulièrement porté sur le travail des armes d’appui au sein d’une compagnie d’infanterie, ainsi que l’édition d’ordres de l’État-major vers les commandants d’unité.

LE FALCON 50 DES EFS ENGAGE DANS L’OPÉRATION DE SURVEILLANCE DES PÊCHES « TESSITO »

Du 22 au 27 septembre, l’avion de surveillance maritime Falcon 50 a été engagé par le commandant de la zone maritime atlantique (CECLANT) dans l’opération conjointe de surveillance des pêches « TESSITO ». Cette opération s’inscrit dans la lutte contre la pêche illicite, dans le cadre du projet d’action européen pour l’amélioration de la gouvernance régionale de la pêche en Afrique de l’Ouest (PESCAO).

L’aéronef de la Marine nationale a opéré entre la Guinée-Bissau et le Sénégal, en soutien de l’action des patrouilleurs des diverses marines, leur faisant ainsi bénéficier de sa rapidité et de son rayon d’action.

L’équipage communique en temps réel et transmet au besoin des photos et des éléments de preuves au centre opérationnel de Banjul, en Gambie.

En observant l’évolution des zones de pêche artisanales et industrielles, et en repérant les navires pirates ainsi que les transbordements illicites, l’aéronef est en mesure de guider au besoin un patrouilleur ou une vedette vers une embarcation en infraction.

Les EFS, avec l’avion de patrouille maritime Falcon 50, apportent un soutien actif aux opérations maritimes contrôlées depuis Brest par CECLANT afin d’appuyer les pays du Golfe de Guinée en matière d’action de l’Etat en mer, conformément au processus de Yaoundé : lutte contre les trafics de drogue, d’armes et contrôle des pêches. Assurant également une alerte à la demande du Sénégal et du Cap Vert pour les missions de search and rescue dans leur zone de responsabilité, cet avion bénéficie du soutien des EFS qui s’imposent ainsi comme un point d’appui aérien majeur en Afrique de l’Ouest.

BARKHANE

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

Dans une logique d’approche zonale en Bande Sahélo-Saharienne, La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma – grande comme un quart du territoire métropolitain français – en appuyant les forces partenaires par le biais d’opérations conjointes et en agissant au profit de la population.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

Cette semaine Barkhane et ses partenaires ont poursuivi leur effort de lutte contre les groupes armés terroristes dans le Liptako-Gourma.

En particulier, à la suite des attaques des camps de Boulikessi et Mondoro au Mali, le 30 septembre, Barkhane a déployé une patrouille de Mirage 2000, ainsi que des hélicoptères Tigre, sur les sites des attaques. L’appui de la force Barkhane aux forces armées maliennes s’est prolongé, à nouveau par des vols d’hélicoptères et de chasseurs, jusqu’au rétablissement du dispositif malien.

Barkhane appuie le renforcement des Forces Armées du Burkina-Faso dans le Soum.

A la demande des autorités du Burkina Faso, la force Barkhane a fourni, du 20 au 25 septembre, un appui déterminant dans le renforcement des forces armées burkinabè stationnées dans la province du Soum.

En amont de l’opération, un travail de planification a été conduit de manière accélérée par le Poste de Commandement Interarmées de Théâtre (PCIAT), en coordination étroite avec l’état-major général des armées (EMGA) burkinabè, d’une part, et le Joint Force Air Command (JFAC) de Lyon, d’autre part.

L’opération a débuté dès le vendredi par une reconnaissance aérienne et a impliqué plusieurs composantes de Barkhane: le Groupement Tactique Désert Aérocombat (GTD-A), un détachement de spécialistes du 25e Régiment du génie de l’air, des commandos parachutistes, le Groupement Tactique Désert Logistique (GTD-LOG) et le détachement de transit interarmées.

Chacune des composantes a pu apporter sa plus-value à la réussite de la mission. Les remarquables capacités d’emport de l’A400M, nouveau fer de lance de l’aviation de transport, et son aptitude à se poser sur des pistes sommaires ont pu être mises à profit.

L’objectif ayant été atteint, le détachement de la force Barkhane a été progressivement désengagé par liaison héliportée.

La planification accélérée, la génération de force rapide et la combinaison efficace de différents acteurs et moyens ont été des facteurs déterminants dans la réussite de cette opération menée tout en maintenant le rythme des autres opérations.

Cependant c’est surtout la coopération sans faille entre les Forces Armées Burkinabè et Barkhane qui a été la clef de ce succès. Avec cette montée en puissance et par l’engagement des troupes supplémentaires dans un bref délai, l’armée burkinabè marque sa détermination à tenir le terrain avec une grande réactivité face à la menace.

Sorties air hebdomadaires (bilan du 25 septembre au 1er octobre inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 101 sorties, parmi lesquelles 37 sorties de chasse, 32 sorties de ravitaillement/ISR et 32 missions de transport.