La France suspend ses ventes d’armement à la Turquie

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Au moment où la Turquie poursuit son offensive contre les Kurdes, pourtant alliés de l’Occident dans son combat contre le groupe armé État islamique (Daech), la France annonce mettre un arrêt à ses exportations d’armes vers la Turquie.

Dans un communiqué conjoint du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères et de la Ministre des Armées, la France «réitère sa ferme condamnation de l’offensive unilatérale engagée par la Turquie dans le nord-est de la Syrie».

Selon les deux ministres cette offensive «remet en cause les efforts sécuritaires et de stabilisation de la Coalition globale contre Daech. Elle entraîne des conséquences humanitaires importantes. Elle porte donc atteinte à la sécurité des Européens».

En conséquence, dans l’attente d’une cessation de cette offensive, «la France a décidé de suspendre tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Syrie. Cette décision est d’effet immédiat».

De plus, le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne qui se réunira lundi 14 octobre à Luxembourg sera l’occasion de «coordonner une approche européenne en ce sens».

La France demande la tenue rapide d’une réunion de la Coalition contre Daech pour évoquer la poursuite des efforts de la Coalition dans ce contexte.

À noter que les gouvernements néerlandais et allemands ont eux aussi annoncé suspendre leurs ventes d’armes à la Turquie, tout comme ceux de Norvège et de Finlande.

Peu après une annonce surprise du président américain Donald Trump sur le retrait des troupes américaines de Syrie, la Turquie a déclenché mercredi une offensive dans le nord de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Cette offensive turque en Syrie a déjà causé le déplacement de 100 000 civils selon les Nations unies.

Le ministère américain de la Défense a également révélé vendredi que des tirs d’artillerie turque ont visé une zone où se trouvaient des soldats américains, loin de la zone de sécurité que veut installer le régime turc le long de la frontière entre Syrie et Turquie.