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Comme (presque) chaque semaine, l’État-major des Armées fait le point sur ses différentes opérations à travers la planète. Voici donc le point sur les opérations françaises entre le 5 et le 12 septembre 2019.

OURAGAN DORIAN

LES FORCES ARMEES AUX ANTILLES VIENNENT EN AIDE A LA POPULATION DES BAHAMAS

Un détachement d’une cinquantaine de militaires français des forces armées aux Antilles, essentiellement composé d’un détachement du 33ème régiment d’infanterie de Marine (33ème RIMa) complété par une équipe de santé et une équipe de soutien, est déployé vers les Bahamas, ravagés par l’ouragan Dorian.

Le détachement du 33ème régiment d’infanterie de Marine est composé d’un élément de commandement et d’une unité du génie appartenant au 17ème Régiment du Génie Parachutiste, en mission de courte durée aux Antilles au sein du 33ème RIMa.

Ces militaires ont embarqué sur un bâtiment amphibie néerlandais, le « Johan De Witt », depuis St Marteen. L’objectif est d’apporter un premier soutien à la population sinistrée, à la demande du gouvernement des Bahamas qui a fait appel au Mécanisme de protection civile de l’Union Européenne.

Le débarquement des militaires est prévu ce jeudi 12 septembre, sur l’île de Great Abaco.

Initialement programmés pour participer à l’exercice « Caribbean Coast 2019 », un exercice interalliés d’assistance humanitaire (Humanitarian Assistance and Disaster Relief – HADR), les militaires des forces armées françaises et néerlandaises se sont associés pour se préparer à apporter un soutien humanitaire aux Bahamas.

Du matériel a été spécialement acheminé sur place pour permettre aux militaires des forces armées aux Antilles de participer à des missions de logistique, de transport, de déblaiement et de réparation.

POLYNESIE FRANCAISE

LA FLOTILLE 35F INTERVIENT POUR RETROUVER TROIS RANDONNEURS PERDUS AUX MARQUISES

Le mercredi 04 septembre le Haut-commissariat de la République en Polynésie française a demandé le concours des Armées pour une mission de secours terrestre sur l’atoll Hiva’Oa, dans l’archipel des Marquises. Un hélicoptère Dauphin de la flotille 35F a ainsi été mobilisé pour retrouver trois randonneurs disparus depuis 3 jours, en complément du dispositif de recherche terrestre et maritime, constitué de sapeurs-pompiers, de policiers municipaux et de gendarmes. L’emploi de l’hélicoptère de la 35F a été déterminant pour retrouver les trois randonneurs égarés.

L’hélicoptère a décollé à 10h00 de Faa’a pour rejoindre cette île des Marquises situées à plus de 1500 km de Tahiti (équivalent à une distance Paris – Stockholm). Le déploiement s’est déroulé en trois étapes pour rejoindre les Marquises, avec des ravitaillements à Fakarava, à plus de 450 km à l’est de Papeete, puis à Napuka. Sept heures auront été nécessaires pour rejoindre Hiva’Oa.

Une fois arrivés sur place, le chef cargo et le plongeur-sauveteur ont remis l’hélicoptère en condition pour la mission de sauvetage pendant que les pilotes ont été briefés par le chef des opérations de secours. Malgré des conditions météorologiques peu favorables et un relief marqué, un vol sous jumelles de vision nocturne a été programmé pour tenter de détecter la moindre source lumineuse qui aurait pu être émise par les randonneurs.

Le Dauphin a donc redécollé vers 19h00 et rejoint la zone de recherche. Au bout de 30 minutes, une source lumineuse a été détectée et les trois randonneurs ont été localisés grâce au feu qu’ils avaient allumé et entretenu. L’hélicoptère a donc pu procéder au treuillage des trois rescapés, fatigués mais en bonne santé. Ils ont été rapatriés et déposés sur l’aérodrome d’Atuona où ils ont été pris en charge par une équipe médicale.

Au total, ce déploiement aura nécessité 16 heures de vol, neuf ravitaillements pour 3200km parcourus. Cette opération a de nouveau démontré la capacité du détachement 35F à intervenir très loin de sa base sous un faible préavis. La réussite de cette mission est aussi due à l’excellente coordination entre les différents intervenants.

Les trois équipages du détachement de la 35F sont aguerris aux missions de longue distance et sont capables d’atteindre n’importe quelle île ou atoll en Polynésie française. Ce n’est pas la première fois que les hélicoptères Dauphin réalisent ce genre de mission de secours en montagne.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

L’opération Chammal, volet français de l’Opération Inherent Resolve, poursuit sa mission de lutte contre Daech et continue à appuyer les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et les Forces de Sécurité Irakiennes (FSI).

En Irak, dans le Nord-Est syrien et dans la Moyenne Vallée de l’Euphrate, la situation sécuritaire est stable. Les FSI comme les FDS y poursuivent leurs différentes opérations de ratissage et de sécurisation contre les cellules clandestines de Daech.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

La France poursuit son engagement au sein des piliers « appui » et « formation » de la Coalition. Au sein de ce dernier, les armées françaises participent directement à l’amélioration des capacités et des savoir-faire de l’armée irakienne par l’action des Task Force Narvik et Monsabert, déployées à Bagdad. Cet appui à la formation et à l’entraînement des forces de sécurité irakiennes contribue à la lutte contre Daech et participe à la sécurisation de l’Irak.

  • Frappe programmée des Rafale contre une cache de Daech

En appui des forces de sécurité irakiennes (FSI), les Rafale de la base aérienne projetée (BAP) au Levant ont délivré une frappe programmée le 5 septembre 2019. L’objectif était de détruire une cache utilisée par le groupe terroriste Daech dans le nord de l’Irak.

Le détachement Atlantique 2 de la Marine Nationale a participé à cette mission, en se rendant sur zone avant les Rafale afin de réaliser une observation minutieuse de l’objectif et de ses alentours avant la frappe. Un drone de la coalition internationale était également présent sur place.

  • Désengagement de l’Atlantique 2

Le détachement Atlantique 2 de la Marine Nationale, déployé depuis juillet dernier sur la base aérienne projetée au Levant, s’est désengagé le 07 septembre. Ces deux aéronefs se sont ainsi succédés pour mener 21 missions de reconnaissance et de surveillance et effectuer plus de 190 heures de vol.

Habituellement dédié aux missions aéromaritimes, et en particulier la lutte anti-sous-marine, cet avion de patrouille maritime est parfaitement adapté aux missions ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) dont l’objectif sur ce théâtre est de détecter et d’identifier les activités des combattants de Daech. Également capable d’intervenir dans des missions de CAS (Close Air Support – appui aérien rapproché), l’aéronef peut effectuer des frappes d’opportunité grâce à sa capacité de largage de bombes guidées laser.

Engagés aux côtés des Rafale de l’armée de l’air déployés au Levant, ces deux Atlantique 2 ont contribué à la réduction des capacités militaires de Daech dans le cadre du volet renseignement de l’opération Chammal.

  • La Task Force Monsabert appuie la mise en place des nouvelles salles d’instruction de la 6e division d’infanterie irakienne.

Fin août, une équipe de spécialistes « informatique et réseau » de la Task Force (TF) Monsabert a mené une mission d’Advise and Assist au profit du département d’instruction de l’état-major de la 6e division d’infanterie irakienne.

Pour former leurs partenaires irakiens de façon optimale, il s’est avéré nécessaire de mettre en place des salles d’instruction dématérialisée. Elles permettent d’entraîner les militaires de la division sur un large panel de compétences théoriques avant de passer à la pratique.

La TF Monsabert et la 6e division ont conçu ensemble le déploiement, la configuration et la sécurisation d’une salle d’impression et de quatre salles d’instruction pour le centre d’entraînement.

Les spécialistes irakiens et français se sont appuyés sur une documentation technique rédigée dans les deux langues par la Task Force pour sécuriser les réseaux et les adapter aux usagers, en respectant les paramètres techniques du partenaire irakien.

BARKHANE

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

Dans une logique d’approche zonale en Bande Sahélo-Saharienne, La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma – grande comme un quart du territoire métropolitain français – en appuyant les forces partenaires par le biais d’opérations conjointes et en agissant au profit de la population.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

Cette semaine Barkhane et ses partenaires ont poursuivi leur effort de lutte contre les groupes armés terroristes dans le Liptako-Gourma.

  • Raid de véhicules à haute mobilité (VHM) et opération héliportée dans le Gourma

 
Fin août, dans la région du Gourma, le Groupement Tactique Désert n°1 (GTD-1) « Belleface » a mené un raid blindé dans la profondeur, combiné à une opération héliportée, au nord de Gossi.

Cette opération s’est appuyée sur un mode opératoire innovant, car pour la première fois au Mali, des véhicules à haute mobilité (VHM) dotés de chenilles ont manœuvré en coordination avec des sections d’infanterie héliportées par le Groupement Tactique Désert – Aérocombat

Les véhicules à haute mobilité (VHM) ont prouvé leur efficacité dans la Bande Sahélo-Saharienne depuis leur engagement opérationnel en juin dernier : ces blindés dotés de chenilles ont démontré leur excellente mobilité en milieu désertique et tout particulièrement lors de la saison des pluies. Ils peuvent manœuvrer sur un front assez large pour contraindre la liberté d’action des groupes armés terroristes, tandis que les fantassins peuvent être déposés au plus près de la zone d’action par les hélicoptères de manœuvre, afin de désorganiser l’ennemi en coupant ses itinéraires de retraite.

Ce mode d’action combinée repose sur la synchronisation et la coordination des VHM et de la manœuvre héliportée, mais aussi et surtout sur la vitesse d’exécution. Cette opération a permis de mettre la pression sur les groupes armés terroristes de la région et d’accompagner la montée en puissance des Forces Armées maliennes (FAMa) dans le Gourma. Les militaires maliens ont en effet pris part au raid des VHM. Ils ont également permis d’établir immédiatement le contact avec la population de la région, qui reste au cœur des préoccupations des FAMa et de Barkhane.

  • Redéploiement de l’ATLANTIQUE 2 sur la base aérienne projetée de Niamey

Le mardi 3 septembre, l’ATLANTIQUE 2 (ATL2) a atterri sur la piste de la base aérienne projetée (BAP) de Niamey pour une mission de quelques semaines au profit de la force Barkhane. Cet aéronef de la marine nationale est régulièrement déployé au-dessus de la bande sahélo-saharienne (BSS).

Cet avion de plus de 40 tonnes est initialement conçu pour des missions de patrouilles maritimes ainsi que de lutte anti sous-marine. Polyvalent, il est aussi un excellent vecteur pour sonder la profondeur d’une zone désertique, notamment par le survol de la BSS.

Tout comme le drone REAPER ou encore le MIRAGE 2000, cet aéronef permet de compléter les capacités Intelligence, Surveillance and Reconnaissance (ISR) de la force Barkhane.

  • Déploiement d’une antenne chirurgicale vitale sur la base avancée de Tessalit

Dans le cadre d’opérations réalisées par la force Barkhane dans le nord du Mali et pour assurer un soutien médical de premiers instants aux militaires français, une Antenne de Chirurgie Vitale (ACV) a été déployée sur la plateforme désert relais de Tessalit.

Composée d’une douzaine de personnels hospitaliers, chirurgiens, médecins anesthésistes réanimateurs, infirmiers de bloc, infirmiers anesthésistes ou aides-soignants, cette équipe est déployée sur les bases avancées à proximité des opérations en cours et permet la prise en charge rapide d’un ou plusieurs blessés. Le délai de prise en charge chirurgicale des blessés doit être de moins de deux heures depuis la zone d’opération jusqu’à la table d’opération.

Cette antenne a pour principale mission d’assurer le soutien chirurgical de la force Barkhane mais elle intervient également au profit des forces armées partenaires. Cette équipe soudée a suivi une préparation avant d’être projetée, afin d’acquérir les bons automatismes et d’apprendre à travailler ensemble.

Ce modèle d’ACV n’a que huit mois d’existence, il était précédé d’un modèle plus lourd et plus long à mettre en place. Aujourd’hui, le choix des matériels est primordial pour diminuer le poids de la structure et garantir sa mobilité. L’ACV est rapide à mettre en place et permet à l’équipe d’être opérationnelle en moins de trois heures après avoir atterri sur la zone d’installation.

  • Les militaires français et maliens participent à l’organisation d’un tournoi de football à Gossi

Du 15 août au 2 septembre derniers, un tournoi de football s’est tenu à Gossi, dans le Gourma. Le sport collectif transmet des valeurs, canalise la violence et reconstruit du lien social. Ces valeurs sont indispensables pour la reconstruction du Gourma. C’est pourquoi la 4e compagnie de la garde nationale malienne en garnison à Gossi, appuyée par le détachement d’actions civilo-militaires (CIMIC) de la force Barkhane, s’est associée à la ville pour l’organisation de cet événement.

D’une durée de deux semaines, cet évènement d’envergure a rassemblé 125 joueurs et attiré plusieurs centaines de visiteurs. Les militaires ont rénové les cages des gardiens de but, nettoyé les terrains et offert à chaque équipe leurs maillots. Le tournoi a vu s’opposer trois catégories d’équipes : les enfants de 8 à 14 ans, les jeunes de 15 à 20 ans et les adultes. Les Forces Armées maliennes (FAMa), ont d’ailleurs participé directement à ce tournoi.

La finale a rassemblé un large public, ce qui constitue un réel succès pour les jeunes de la ville. En effet, une rencontre sportive de cette ampleur n’avait pas eu lieu depuis plusieurs années dans cette ville du Gourma.

Symbole du retour de l’Etat à Gossi, c’est d’ailleurs le sous-préfet Sangaré qui a donné le coup d’envoi de cette finale.

  • Sorties air hebdomadaires (bilan du 4 au 10 septembre inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 90 sorties, parmi lesquelles 37 sorties de chasse, 20 sorties de ravitaillement/ISR et 33 missions de transport.