La Corée du Nord avertit qu’elle restera une « menace » pour les Etats-Unis et tire deux projectiles en mer

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Photo de l'agence officielle nord-coréenne KCNA montrant le lancement d'un missile, le 6 août 2019 en Corée du Nord. [AFP]
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La Corée du Nord a averti vendredi qu’elle resterait la plus grande « menace » pour les Etats-Unis et s’en est pris au secrétaire d’Etat Mike Pompeo, se disant « sceptique » sur la possibilité de négocier avec le secrétaire d’Etat, qualifié de « toxine irréductible ».

« Nous sommes prêts au dialogue comme à la confrontation », a déclaré dans un communiqué le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho.

« Les Etats-Unis se trompent tristement s’ils pensent toujours à rester engagés dans une confrontation avec la RPCN (République populaire de Corée du Nord, ndlr) avec des sanctions, et non en finir avec cette posture », poursuit le communiqué.

« Nous resterons la plus grande +menace+ pour les Etats-Unis pour longtemps et leur ferons évidemment comprendre ce qu’ils doivent faire pour la dénucléarisation », ajoute-t-il.

La Corée du Nord a procédé ces dernières semaines au tir de plusieurs missiles de courte portée pour manifester sa désapprobation face aux exercices militaires annuels conjoints entre les forces américaines et sud-coréennes, qu’elle considère comme la répétition générale d’une invasion.

Les pourparlers bilatéraux sont dans l’impasse depuis l’échec du second sommet à Hanoï en février entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Les deux dirigeants s’étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

Cette rencontre avait permis de réamorcer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d’un an après leur premier sommet de Singapour.

En visite cette semaine à Séoul, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a affirmé que les Etats-Unis étaient « prêts à entamer des discussions » dès qu’ils auraient « des nouvelles » de Pyongyang.

A propos de Mike Pompeo, le ministre nord-coréen a déclaré vendredi dans son communiqué: « Il est vraiment assez impudent pour proférer des paroles aussi irréfléchies qui n’ont d’autre résultat que de nous laisser déçus et sceptiques quant au fait de savoir si nous pouvons régler un quelconque problème avec un type pareil ».

Cette charge contre M. Pompeo intervient après que ce dernier a déclaré, dans le journal The Washington Examiner, que si le leader nord-coréen ne décide pas de dénucléariser, les Etats-Unis « maintiendront les sanctions qui sont les plus dures de toute l’histoire ».

Donald Trump, en révélant le 10 août le contenu d’une lettre que lui a adressée Kim Jong Un, avait assuré sur Twitter que le dirigeant nord-coréen voulait reprendre les négociations dès la fin des exercices militaires conjoints.

Près de 30.000 militaires américains sont déployés en Corée du Sud.

La Corée du Nord a tiré deux nouveaux projectiles en mer

Et Pyongyang a tiré samedi deux nouveaux projectiles qui pourraient être des missiles de courte portée, peu après avoir affirmé être la plus grande « menace » pour les Etats-Unis, en qualifiant au passage de « toxine » le secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

La Corée du Nord a multiplié ces dernières semaines les essais d’armes pour protester contre les manœuvres militaires américano-sud-coréennes, qu’elle considère comme la répétition d’une invasion de son territoire. Le dernier test remontait à mardi.

« L’armée a détecté deux projectiles non-identifiés soupçonnés être des missiles balistiques de courte portée « , a annoncé samedi dans un communiqué l’état-major interarmes sud-coréen.

Les missiles ont parcouru environ 380 kilomètres et atteint une altitude de 97 km à une vitesse maximale de Mach 6,5 avant de s’abîmer en mer du Japon, connue en Corée sous le nom de mer de l’Est.

« Nos militaires suivent les mouvements du Nord en cas de lancement supplémentaire, et se tiennent prêts à toute éventualité », a ajouté l’état-major de la Corée du Sud dans un communiqué.

La présidence sud-coréenne a rassemblé son Conseil de sécurité national (NSC) à la suite de ces essais d’armes et fait part de ses « profondes préoccupations » dans un communiqué, en observant que ces tirs intervenaient alors que les manoeuvres conjointes entre Washington et Séoul étaient achevées.

Sur fond de tensions entre Séoul et Tokyo

« Les membres du NSC ont décidé de poursuivre les efforts diplomatiques pour ramener le Nord à la table des négociations avec les Etats-Unis pour atteindre l’objectif d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », a dit le Conseil.

Le ministre japonais de la Défense Takeshi Iwaya a également indiqué aux journalistes que Tokyo pensait que la Corée du Nord avait tiré « des missiles balistiques » en violation des résolutions de l’ONU.

« On ne peut les ignorer, quelles que soient leur taille et la distance parcourue », a-t-il dit.

Les Etats-Unis, de leur côté, surveillent la situation, selon un haut responsable américain.

« Nous consultons étroitement nos alliés japonais et sud-coréens », a-t-il dit.

Ces nouveaux tirs interviennent au moment où les relations entre Tokyo et Séoul n’en finissent plus de se détériorer en raison des vieux contentieux hérités du passé colonial japonais dans la péninsule coréenne (1910-1945).

La Corée du Sud avait annoncé jeudi qu’elle allait rompre un accord de partage direct de renseignements militaires avec le Japon, conclu en 2016 sous l’égide de Washington, dans le contexte de la montée en puissance des programmes balistiques et nucléaire nord-coréens.

Séoul a finalement indiqué qu’il poursuivrait ce partage d’informations avec le Japon va continuer, mais via les Etats-Unis.