Béziers 1944-2019: 75e anniversaire de la Libération [PHOTOS/VIDÉO]

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C’était il y a 75 ans: la ville de Béziers était libéré du joug des Nazis. 75 ans plus tard, les Biterrois et Biterroises se souviennent.

Suite à l’Opération ATTILA qui voit l’Armée allemande franchir la ligne de démarcation et envahir la zone libre, Béziers est occupée militairement le 11 novembre 1942.

La résistance s’organise alors dans la région, notamment avec le Groupe Arnal, l’action ouvrière de Fouga et par le groupe FTP Grandilier. Dès janvier 1944 et jusqu’à la Libération, les attentats, les sabotages contre les voies ferrées, les locomotives, les wagons, les pylônes électriques se multiplient.

Le 5 juillet 1944, la ville est bombardée par la 15th USAAF et des appareils de la mission Shuttle. La gare de triage du Capiscol est visée, mais un quartier, alors périphérique, de Béziers, le Pech de Gausselet est touché. On recensera 18 morts et de nombreuses maisons détruites.

À la veille du débarquement des forces alliées en Provence, les sabotages de voies ferrées se multiplient tandis que des combats s’engagent entre Colombiers et Béziers.

Le 21 août des blindés allemands, traversant la ville, tirent sur des civils désarmés en tuant dix et en blessant quarante.

La ville est libérée le 22 août 1944 par la 1re DFL (division française libre) et un comité provisoire de libération s’installe à l’hôtel de ville.

La Ville de Béziers a organisé 75 ans plus tard une soirée de commémorations de la Libération.

C’est d’abord devant l’église St Jude que les élus ont déposé des gerbes au Monument aux morts, rendant hommage à celles et ceux disparus durant la Seconde Guerre mondiale.

Puis ce fut à l’intérieur de l’église que la messe en occitan, la lenga nostra, a été donné avant qu’un défilé ne se mette en marche avec la musique de la fanfare des sapeurs-pompiers de l’Hérault, pour rejoindre le jardin Emile Ain, où le Maire de Béziers, Robert Ménard, a rappelé l’importance de Béziers au sein de la résistance avec bien sûr Jean Moulin.

Le 22 août 1944, Béziers était libérée. Libérée des troupes nazies, libérée de la peur, libérée de la honte – comme tout notre pays – d’avoir été battue puis soumise. Béziers et bientôt toute la France respiraient à nouveau. Même si le prix à payer fut lourd de malheur et de morts. On pouvait à nouveau rire et danser au son de la Marseillaise. La France retrouvait son honneur, sa grandeur, sa place dans le monde.

extrait du discours de Robert Ménard

«S’il s’agit juste de se glorifier du combat de nos aïeux; cela n’a pas grand sens ces commémorations», a rappelé M. Ménard en interview avec 45eNord.fr. «Elles n’ont du sens que si cela rappelle à chacun son devoir aujourd’hui».

Le devoir de mémoire, un combat de tous les jours pour tous !


Jean Moulin, un héros du pays

La résistance de Béziers à l’occupation allemande est magnifiée par la figure de Jean Moulin.

En 1940, lorsque les Allemands envahissent la France, Jean Moulin est Préfet d’Eure-et-Loire. Les Allemands l’emprisonnent parce qu’il refuse de signer une déclaration rendant des soldats sénégalais responsables d’atrocités. Afin de ne pas céder aux pressions, il préfère se trancher la gorge. Le foulard dont il s’entoure le cou masque désormais la cicatrice. Mis en disponibilité par Vichy, Jean Moulin gagne Londres et se présente au général de Gaulle le 25 octobre 1941 comme l’émissaire de la Résistance intérieure.

Le chef de la France libre le désigne comme son représentant personnel, et lui fixe la mission d’organiser la Résistance en zone sud en tissant les liens avec la France libre. Commence alors un travail dangereux et harassant de contacts et de coordination, mené avec sa toute petite équipe pour inciter les chefs de la Résistance intérieure, soucieux de leur autonomie, à structurer les liens avec Londres.

En 1942, il se fait parachuter en zone libre, se fait connaître par les pseudonymes de «Max», «Rex», «Mercier», et dote les mouvements de résistance de services communs de transmission, d’informations, de parachutages, de financement.

Jean Moulin est alors officiellement un propriétaire à la recherche d’un local à Nice pour installer une galerie d’art, qui ouvre le 9 février 1943. Lors d’un deuxième voyage à Londres en février-mars 1943, Moulin est fait compagnon de la Libération par le chef de la France Libre, Charles de Gaulle. Il va plus loin dans la coordination et met sur pied un conseil de la Résistance groupant les mouvements de Résistance et les anciens partis politiques et syndicats. Cela ne va pas sans difficulté mais, le 27 mai 1943, Jean Moulin parvient à réunir, en plein Paris occupé, le premier Conseil de la Résistance, bientôt appelé Conseil national de la Résistance.

Son rôle dans l’unification des mouvements de résistance au sein du Conseil national de la Résistance fut donc primordial.

A la suite d’une trahison, il fut arrêté le 21 juin 1943, lors d’une réunion à Caluire-sur-Cuire, torturé par la Gestapo lyonnaise et parisienne et mourut dans le train qui le déportait en Allemagne le 8 juillet 1943. Ses cendres sont transférées au Panthéon le 19 décembre 1964.