La Roumanie choisit Naval Group pour ses nouvelles corvettes

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Essais en mer de la corvette Gowind 2500. (Naval Group)
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Le ministère de la Défense roumain a annoncé le 3 juillet 2019 la victoire de Naval Group associé au chantier roumain SNC, à l’issue de la compétition organisée pour la fourniture de quatre corvettes multi-missions et la rénovation de deux frégates roumaines T22.

La ministre des Armées Florence Parly salue cette décision qui s’inscrit «pleinement dans l’effort de construction d’une Europe de la Défense forte et ambitieuse».

Cette décision aura un impact économique positif pour les chantiers navals et leurs sous-traitants concernés par cette commande. Selon le ministère des Armées, plus de 400 emplois seront ainsi consolidés sur les sites de Naval Group dans les cinq prochaines années.

Dans un communiqué, Naval Group dit être honoré «de la confiance des autorités roumaines» et se réjouit «de travailler ensemble pour fournir à la Marine roumaine les quatre corvettes de dernière génération Gowind».

La première corvette doit être livrée d’ici 2022, et le montant du contrat (4 livraisons et 2 rénovations) s’élève à 1,2 milliards d’euros. L’ensemble du programme sera réalisé dans un délai de sept ans.

Depuis six mois, l’ «équipe France» a vendu 22 bâtiments de surface militaires, largement à destination de pays européens (Roumanie, Belgique, Pays-Bas). Il s’agit d’un record historique, à comparer aux 22 navires précédemment vendus en trente ans par la France.

Contexte 

Ce programme stratégique pour la Roumanie porte à la fois sur l’acquisition de quatre corvettes multi-missions, sur la rénovation des deux frégates T22 en service dans la marine roumaine et sur la création d’un centre de maintenance et d’un centre d’entrainement.

A cette fin, le ministère de la Défense roumain avait publié le 1er mars 2018 un appel d’offre qui a vu s’opposer différents candidats européens, dont Naval Group, qui a fait le choix de s’associer au chantier roumain SNC (Santierul Naval Constanta) situé au bord de la Mer Noire.

Naval Group a proposé la corvette Gowind équipée du système de management de combat SETIS, dotée de sonars de coque et remorqués Thales, et armée par les missiles MICA-VL et Exocet de MBDA.

La Roumanie devient ainsi le premier pays européen, mais également le premier pays de l’OTAN, à acquérir ce type de bâtiment.

Dotée de signatures réduites dans tous les domaines (infrarouge, radar, magnétique, acoustique) et disposant de capacités de luttes anti-sous-marine, anti-aérienne et anti-surface de tout premier plan, la Gowind constitue l’outil capacitaire idéal devant permettre à la Roumanie d’assurer sa sécurité en Mer Noire.

Au plan industriel, si les principaux équipements de la corvette seront approvisionnés depuis les sites Naval Group de Lorient et Toulon-Ollioules, une large place sera faite aux partenariats locaux:

  • la reprise des études de conception détaillée nécessaire aux spécificités roumaines se fera en coopération avec le bureau d’études Icepronav ; 
  • le système de communication sera produit par la société Interactive au titre d’un transfert de savoir-faire ;
  • la construction des plates-formes et l’assemblage final seront réalisés en transfert de technologie au chantier SNC de Constanta.

La livraison de la première de série est attendue en 2022.

Cette acquisition, majeure par la Roumanie, auprès d’un industriel français fait écho à la longue tradition de coopération entre les deux pays, mise à l’honneur en 2018 à l’occasion du centenaire de la création de la Roumanie moderne dans laquelle la France a joué un rôle important.

Tout en assumant ses engagements vis-à-vis de l’OTAN, la Roumanie démontre par cette acquisition sa volonté de renforcer l’Europe de la Défense et d’en développer la base industrielle et technologique de défense, en se tournant vers ses partenaires de l’Union européenne pour ses acquisitions d’équipements militaires.

Cette démarche est à saluer, elle s’inscrit dans l’orientation européenne que nous promouvons sans relâche. En 2018, 25 % de nos exportations de matériels de défense ont été à destination de nos partenaires européens, contre 10 % en moyenne les années précédentes. Au-delà de marchés d’exportation, ce sont bien l’interopérabilité de nos forces et l’autonomie stratégique de l’Europe de la défense qui sont en jeu.