La France derrière les missiles Javelin retrouvés en Libye

Le missile Javelin. (Raytheon)
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Le gouvernement français a reconnu que des missiles américains Javelin saisis par les forces gouvernementales libyennes dans un camp de combattants pro-Haftar au sud-ouest de Tripoli appartenaient en fait à ses forces armées.

Cette révélation complique pas mal la tache de la diplomatie française puisque officiellement, les autorités françaises soutiennent le régime du premier ministre Fayez al Sarraj, et que ses missiles ont été retrouvé chez son rival, le maréchal Khalifa Haftar.

Affichant sa volonté de transparence dans une rare déclaration officielle, la France se voit contrainte de révéler dans le même temps le maintien de forces spéciales sur le territoire libyen, une première depuis le lancement de l’offensive des forces pro-Haftar sur Tripoli, début avril.

«Les missiles Javelin trouvés à Gharyan appartiennent effectivement aux armées françaises, qui les avaient achetés aux Etats-Unis», a admis le ministère des Armées dans une déclaration envoyée aux médias, précisant du même souffle que «ces armes étaient destinées à l’autoprotection d’un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contre-terrorisme».

C’est le New York Times qui a révélé mardi que quatre missiles anti-char Javelin, achetés par la France aux Etats-Unis, ont été retrouvés fin juin à Gharyan, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli.

L’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Haftar, a lancé début avril une opération militaire pour «libérer» l’ouest du pays et Tripoli contrôlés par le gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al Sarraj, seul organe exécutif reconnu par la communauté internationale depuis 2015.

Fin juin, surpris par une attaque-éclair des troupes du GNA sur Gharyan, les combattants pro-Haftar auraient ainsi abandonné des armes et des munitions, parmi lesquels… des missiles Javelin sur lesquels était écrit en anglais «Forces armées des Emirats arabes unis».

Les États-Unis ont mené une enquête pour déterminer la source de ces missiles, et, selon le New York Times, l’enquête américaine a conclu à l’origine française des quatre missiles découverts à Gharyan.

On fait valoir au ministère des Armées que la France «soutient depuis longtemps la lutte de toutes les forces régulières engagées contre le terrorisme, en Libye, aussi bien en Tripolitaine qu’en Cyrénaïque, et plus largement au Sahel».

De plus, «il n’a jamais été question ni de vendre, ni de céder, ni de prêter ou de transférer ces munitions à quiconque en Libye», souligne-t-on.