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Chaque année, les forces spéciales (Air) tiennent un exercice de préparation opérationnelle visant à «certifier» les troupes qui seront amenées à se déployer prochainement sur plusieurs théâtres. Retour sur l’exercice Athena, qui a eu lieu à la fin juin, à Mont-de-Marsan (Landes).

En interview pour 45eNord.fr, le général des forces spéciales (Air), a expliqué que cet exercice, qui s’est déroulé entre le 17 et le 28 juin, est le point culminant de l’entraînement de ses militaires avant de partir en OPEX.

Ainsi, après une précédente mission à l’extérieur du pays, puis un temps de repos une fois de retour, la montée en puissance a débuté par une série d’exercices au sein des unités. «Cet exercice vient d’une certaine manière clôturer leurs préparatifs, en leur permettant de s’entraîner au niveau inter-unités», précise donc le général.

ATHENA est aussi une excellente opportunité pour travailler en commun les procédures, et parfaire tout ce que les militaires n’ont pas pu faire au niveau d’unité.

Le but de l’exercice était d’obtenir la certification, c’est à dire la validation que les militaires qui s’entraînent remplissent les critères qui ont été fixés pour partir en mission.

Évidemment, avec la présence cette année de forces spéciales en provenance d’Espagne et des États-Unis, l’exercice ATHENA permet de travailler sur l’interopérabilité entre alliés. Il faut dire que les militaires français, présents sur bien des théâtres d’opérations, travaillent régulièrement dans un contexte de coalition ou de partenariat.

Ce sont donc plus de 500 personnes qui ont pris part à l’exercice à Mont-de-Marsan et ses environs, ainsi que notamment un MC-130J Commando II, trois CV-22 Osprey, un CASA C295, un C-160 Transall, trois hélicoptères Caracal et des drones de l’escadron de drone 1/33 «Belfort», ainsi que des chasseurs Rafale du régiment de chasse 2/30 «Normandie-Niemen»

Côté forces spéciales (Air), trois unités étaient présentes: l’escadron de transport 3/61 «Poitou», l’escadron d’hélicoptères 1/67 «Pyrénées» et les commandos parachutistes de l’air du CPA n°10.

Furtivité, discrétion, rapidité

«On agit avec audace en prenant parfois des risques très calculés pour s’assurer qu’on va pouvoir surprendre l’ennemi. C’est ce qui nous impose parfois des modes d’actions qui sortent de l’ordinaire», affirme le général commandant les forces spéciales (Air).

C’est parce le principe même des forces spéciales est d’être furtif, discret et rapide que les scénarios d’ATHENA, choisis par les opérateurs des forces spéciales eux-mêmes, se rapprochent le plus possible de ce qui se fait en opération en mettant l’accent sur les besoins de l’entraînement.

Sans rentrer dans les détails de ces scénarios pour des raisons de sécurité opérationnelle, les militaires se sont exercés à pratiquer leurs capacités à effectuer «des actions sur la profondeur» (à opérer loin des bases, NDLR).

Le retour d’expérience est en cours afin de tirer toutes les leçons nécessaires pour l’avenir.

Mais déjà, une des grosses difficultés qui a été levée, fut de trouver la période adéquate pour la météo, afin d’avoir un climat à peu près similaire à celui en théâtre, et bien sûr pour rentabiliser au maximum l’emploi des aéronefs sans gêner la population civile ou le trafic aérien environnant.

«C’est comme une véritable opération, et même plus peut-être. Il faut travailler dans un environnement qui ne se prête pas forcément à une guerre. On doit par exemple réserver des créneaux horaires pour l’espace aérien. On choisit quand même des zones qui sont un peu à l’écart heureusement».

Une autre difficulté évoqué par le général : disposer de l’ensemble des moyens pour pouvoir s’entraîner, alors qu’ils sont déjà très sollicités notamment en raison des nombreux déploiements actuels.

Le général mentionne et salue le travail accompli par la logistique et le soutien. Il faut dire que c’est une base opérationnelle qui a été construite avec eau courante, tentes et postes de commandement climatisés.

Finalement, et ironie du sort, il a fallu que les troupes mettent un cran d’arrêt à un moment donné en raison… de la canicule qui a sévit fin juin. «On avait dit dès le départ qu’on mettrait de la pression sur les opérateurs, mais qu’on s’arrêterait dès que la sécurité était engagé… et il se trouve qu’on a eu la canicule et donc au final même si c’était aussi une bonne préparation à des théâtres un peu chauds sur lesquels on va opérer, à la fin c’était tellement chaud qu’il a fallu se restreindre un peu. On est en exercice, et non en opération, ce n’est pas le moment de risquer un accident!», d’affirmer le général forces spéciales (Air).

Et malgré la canicule, le quota d’heures de vols a été rempli.

Mission accomplie pour ces forces spéciales, qui prennent sous peu la direction de plusieurs théâtres.