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Le président de la République Emmanuel Macron a inauguré ce lundi 17 juin la 53e édition du salon aéronautique du Bourget, pour une première journée placée sous le signe de l’ambitieux projet du futur avion de combat franco-allemand.

«L’Espagne va rejoindre la France et l’Allemagne aujourd’hui. C’est important car les pays d’Europe ont tendance à acheter américain. Nous on propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines», a annoncé sur la chaîne de télévision CNews Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui mène le projet SCAF avec Airbus.

Sous l’œil attentif d’Emmanuel Macron, la ministre des Armées Florence Parly (France), la ministre de la Défense Ursula von der Leyen (Allemagne) et la ministre de la Défense Margarita Robles (Espagne) ont donc signé aujourd’hui au Bourget un accord cadre.

Il s’agit d’un véritable engagement juridique pour la construction d’un système complet d’avions de combat et de drones, qui entrera en fonction dans les forces armées d’ici 2040.

Le SCAF est destiné à succéder aux actuels Rafale et Eurofighter.

Cette signature concrétise une étape clé de la construction de l’Europe de la défense, alliant excellence technologique, volonté politique et coopération industrielle. 

À cette occasion, une maquette en taille réelle du futur avion (New Generation Fighter, NGF) a été dévoilée, présentant l’aboutissement des travaux de concept et d’architecture des industriels Dassault et Airbus. Concrétisation des premiers choix importants concernant l’avion de combat du futur, il ne s’agit pas d’une simple vue d’artiste mais du résultat des premières décisions technologiques actées entre les pays concernés.

Une maquette d’un drone d’appui a aussi été dévoilée.

Florence Parly s’est félicité de cette signature, «preuve concrète que l’Europe est capable d’anticiper les grands défis stratégiques de demain, le SCAF est une pièce majeure dans la manière dont nous pourrons affronter les rapports de force de la seconde moitié du 21e siècle. Ce qui se joue aujourd’hui est historique».

Signature de l’accord-cadre entre l’Espagne, la France et l’Allemagne pour le Système de combat aérien du futur.

L’industrie européenne mobilisée

En plus de Dassault Aviation et Airbus, Safran, le groupe allemand MTU Aero Engines, Thales et MBDA (Airbus, BAE Systems et Leonardo) participent au projet.

Le programme du Système de combat aérien du futur a en effet été décliné en cinq sous-programmes, chacun avec un chef de file et un partenaire principal.

Pour le New Generation Fighter, Dassault Aviation sera responsable et collaborera avec Airbus.

Pour le moteur, c’est Safran qui a la responsabilité de la conception et de l’intégration tandis que l’Allemand MTU Aero Engines sera leader pour les services.

Pour ce qui est du système des systèmes (puisque l’avion sera en communication avec des drones et des satellites notamment), Airbus sera chef de file avec Thales comme partenaire principal.

Dans le domaine de la simulation, les deux industriels travailleront également ensemble.

Enfin dans le domaine des drones, MBDA et Airbus collaboreront.

Un premier montant de 150 millions d’euros doit être débloqué d’ici la fin de l’année 2019 afin de financer la première étape du projet, c’est à dire des études.

Puis, Paris et Berlin doivent contribuer à hauteur de 4 milliards d’euros d’ici 2025 pour des démonstrateurs et des technologies du NGF, des drones d’appui et un «Air Combat Cloud» (ACC), en vue d’un vol inaugural d’ici à 2026. La contribution financière et industrielle espagnole n’est pas encore arrêtée.