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Comme chaque semaine, l’État-major des Armées fait le point sur ses différentes opérations à travers la planète. Voici donc le point sur les opérations françaises entre le 21 et le 27 juin 2019.

NARCOPS

LA FRÉGATE DE SURVEILLANCE VENTÔSE SAISIT 416 KG DE COCAÏNE AU LARGE DE LA DOMINIQUE

Engagée en mission de lutte contre le trafic de stupéfiants depuis le 23 mai 2019, la frégate de surveillance Ventôse a réalisé l’interception d’un Go Fast dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 mai 2019, au large des côtes de La Dominique.

Alors que l’hélicoptère embarqué à bord est en vol de surveillance, il détecte, non loin d’une tapouille, une embarcation type Go Fast en éloignement rapide. Cette situation suspecte déclenche la mise à l’eau de l’embarcation rapide du Ventôse armée par l’équipe de visite. Débute alors une course poursuite d’une heure par nuit noire durant laquelle le Go fast refuse de répondre aux injonctions de stopper et procède au rejet à la mer de 13 ballots. Après plusieurs sommations, l’hélicoptère Panther procède aux tirs d’avertissement sur l’avant du Go Fast qui finit par s’arrêter. Aussitôt, l’équipe de visite aborde le Go Fast, en prend le contrôle et le sécurise.

Au bilan, 15 ballots (13 repêchés à la mer et 2 restés sur le Go Fast) ont été récupérés représentant la saisie de 416 kilogrammes de cocaïne. L’équipage, l’embarcation rapide et la cocaïne ont été remis à l’antenne Caraïbes de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS Caraïbe) le lundi 27 mai 2019. Par ailleurs, les éléments interceptés en mer permettent d’ores et déjà aux enquêteurs de l’OCRTIS Caraïbe de poursuivre leurs investigations, dans un cadre régional, pour démanteler les organisations criminelles.

TERRITOIRE NATIONAL

LUTTE CONTRE LES FEUX DE FORÊT : LANCEMENT D’«HÉPHAÏSTOS»

Cet été, les armées participeront à la campagne de lutte contre les feux de forêt en zone méditerranéenne dans le cadre de l’opération « Héphaïstos ».

La mission « Héphaïstos » est l’une des missions confiées aux armées françaises pour protéger le territoire national. Ce sont plus de 50 militaires de l’armée de Terre et de l’armée de l’Air, 3 hélicoptères, 17 véhicules qui seront déployés pendant deux mois pour assurer les différentes missions d‘un dispositif couvrant les 21 départements de la zone de défense et de sécurité Sud, auxquels il faut ajouter l’Ardèche et la Drôme.

Cette opération a débuté le 21 juin par la mise en place de moyens de la Sécurité civile. Pour cette mission interministérielle, les formations militaires de l’Armée de terre et de l’Armée de l’air travaillent en étroite collaboration avec les moyens de la Sécurité civile et les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Ensemble ils réalisent des entrainements communs et mènent à bien leur mission lorsqu’un incendie se déclare.

Cette année, le déploiement des moyens des armées se concentre sur quatre capacités spécifiques :

  • une capacité de gestion des moyens « 3D » : constituée d’un détachement spécialisé de l’armée de l’air intégré au sein de la cellule des opérations aériennes de la sécurité civile (COASC) au CEZOC (préfecture de la zone sud), cette cellule est chargée de garantir la coordination des mouvements aériens des aéronefs du détachement d’intervention héliporté (DIH) avec ceux des moyens aériens de la sécurité civile ;  
  • une capacité d’intervention « 3D ». Il s’agit de mettre à disposition permanente un détachement d’hélicoptères de l’armée de Terre. Cette capacité permet le transport des soldats du feu au plus près des sinistres ainsi que dans les zones inaccessibles par moyens terrestres ;
  • une capacité « génie », dotée d’engins terrestres spécialisés pour l’aménagement de coupe-feux. Ils peuvent être déployés au cœur des zones à risque.
  • une capacité « surveillance » pour la Corse. Elle est mise en place grâce à l’emploi de modules adaptés : le 2e Régiment Étranger de parachutistes de Calvi assure la surveillance des massifs en Haute-Corse alors que la base aérienne de Ventiseri-Solenzara se mobilise en Corse du Sud.

À cela s’ajoutent, sur l’ensemble du territoire national, les équipages militaires qui s’entraînent au quotidien en basse et moyenne altitude et dont la vigilance a déjà permis par le passé de détecter des départs de feu.

OPÉRATION TITAN : 104e MISSION D’ARIANE 5 SOUS PROTECTION DES FORCES ARMÉES EN GUYANE.

Pendant plusieurs jours, des moyens terrestres, aériens et maritimes, des forces armées en Guyane (FAG) ont été déployés sur l’opération « Titan ». Elle a pour vocation d’assurer la sécurisation et la protection du Centre Spatial Guyanais (CSG) jusqu’au lancement réussi des fusées Ariane, VEGA ou Soyouz. Le jeudi 20 juin, Ariane 5 a mis en orbite deux satellites de télécommunication.

Titan est une mission opérationnelle permanente des FAG, elle consiste à contribuer la sécurité extérieure et aérienne du CSG. L’ensemble du spectre des capacités des FAG prennent part à cette mission : l’infanterie contrôle la zone terrestre, l’artillerie sol-air est en défense anti aérienne, les moyens maritimes interdisent les pénétrations d’embarcations dans la zone interdite et les capacités de surveillance et d’interception aériennes assurent la sureté du ciel guyanais.

D’importants moyens militaires ont été engagés pendant 48 heures. Pour protéger un domaine terrestre de 700 km² le 3e REI et le 9e RIMa, ont déployé 215 soldats. Les forces maritimes guyanaises, à l’aide du patrouilleur Antilles Guyane la Résolue et la vedette côtière de surveillance maritime (VCSM) l’Organabo ont assuré la surveillance d’une surface de 4000 km², soit 40 fois la surface de la ville de Paris. Les moyens aériens ont quant à eux assuré la défense aérienne du site et des approches grâce à l’engagement de deux hélicoptères Fennec et d’un Puma de la base aérienne 367.

CTF 473 — MISSION CLEMENCEAU

LE GROUPE AÉRONAVAL A DJIBOUTI

Du 20 au 24 juin, le groupe aéronaval a fait escale à Djibouti. Cette relâche opérationnelle a été l’occasion de nombreux échanges, entrainements et actions de coopération.

Le contre-amiral Marc Aussedat, commandant la TF473, et le commandant du porte-avions ont reçu le 20 juin le président de la république de Djibouti, M. Ismaël Omar Guelleh.

Djibouti est un partenaire historique de la France. Accueillant 1450 militaires des Forces françaises de Djibouti (FFFDJ), la base française constitue un point d’appui et une plateforme opérationnelle et logistique essentiels entre l’océan Indien et la métropole.

Les avions de chasse et les hélicoptères du groupe aérien embarqué ont mis à profit leur présence à Djibouti pour s’entraîner avec les éléments des forces françaises stationnées dans le pays (FFDJ). Ainsi, des commandos Marine ont réalisé des activités de corde lisse et ont été parachutés depuis les hélicoptères du groupe aéronaval. De leur côté, les Rafale Marine du Charles de Gaulle ont rejoint l’espace aérien djiboutien pour une interaction avec les Mirage 2000-5 de l’armée de l’Air stationnés sur la base aérienne 188 d’Ambouli.

OTAN

PARTICIPATION DE LA MISSION LYNX A L’EXERCICE TESTUDO BAYONET A NURSIPALU, EN ESTONIE.

Du lundi 17 au vendredi 21 juin, la 3e section du sous groupement tactique interarmées (SGTIA) de la mission LYNX a participé à une semaine d’entrainement en compagnie des militaires canadiens et espagnols à Narsipalu en Estonie, dans le cadre d’un échange entre les troupes de l’eFP Lettonie et de l’eFP Estonie. Cette semaine d’entrainement portait sur deux axes majeurs : le combat en zone urbaine et le tir de combat.

Cette session d’exercices interalliés a débuté par des exercices de tir défensif. Il s’agissait de s’entrainer au contrôle du feu sur une position défensive en section complète, section qui devait s’emparer d’un réseau de tranchées situé en lisière de forêt.

Le mercredi 19 juin, la section s’est entrainée au côté de ses homologues au combat en zone urbaine dans un village reconstitué, avant de participer à un parcours de tir sous forme de challenge « three-gun », dont l’objectif était de travailler le tir rapide et la transition d’armes.

La semaine d’entraînement s’est terminée par un exercice de synthèse de niveau section sur le village de combat avec des simunitions suivi d’un tir technique sur champs de tir électronique.

Grâce à cet entraînement, Lynx a pu approfondir son interopérabilité avec ses alliés, qui se construit au quotidien avec les soldats britanniques et estoniens, en l’étendant à ses partenaires canadiens et espagnols dans le cadre des missions eFP de l’OTAN.

Cette semaine, les 29 et 30 juin, les militaires français de la mission Lynx participeront à l’exercice Hunt en compagnie de leurs homologues estoniens. L’objectif de cet exercice est d’entrainer les réservistes de l’EDL (la réserve opérationnelle estonienne) au combat défensif en environnement interallié.

CORYMBE

LE PHM COMMANDANT BOUAN PARTICIPE AUX EXERCICES TACTIQUES AFRICAN NEMO ET MEGALOPS

Du 17 au 20 juin 2019, le PHM Commandant Bouan, déployé en mission Corymbe mandat 147, a participé à l’exercice African Nemo 19.3 en lien avec les marines de l’Angola, de République démocratique du Congo (RDC), du Congo et du Gabon.

Jouant successivement le rôle d’un bâtiment en infraction pour pollution, pêche illégale, piraterie, trafic de migrants clandestins, il a été arraisonné par les équipes de visite des pays riverains de la zone et a ainsi permis de mettre en pratique les formations dispensées par la Marine nationale depuis de nombreuses années. À mi-chemin entre la formation théorique et les patrouilles opérationnelles autonomes, cet exercice de synthèse périodique favorise l’interopérabilité des marines africaines avec la Marine nationale et permet de poursuivre en mer l’entrainement réalisé à quai.

En parallèle de ces exercices de visite conduits en mer, les centres opérationnels nationaux (COM), répartis dans chacun des pays du processus de Yaoundé, se sont entrainés à partager l’information opérationnelle et à coordonner leurs efforts pour améliorer la sûreté maritime dans le Golfe de Guinée.

En mer, les équipes de visite sont apparues robustes, motivées et très professionnelles. Appliquées pour rendre compte à leurs COM nationaux, elles se sont montrées désireuses de renouveler ces entrainements et impatientes de pouvoir participer activement à la sécurisation et au contrôle de leurs approches.

La Marine nationale, très impliquée dans la formation et la mise en place de ces structures de coordination nationales et régionales, est un acteur rompu à cette mission de coopération. Elle poursuit son effort, notamment avec l’exercice régional majeur Grand African Nemo prévu en octobre 2019.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

L’opération Chammal, volet français de l’Opération Inherent Resolve (OIR), poursuit sa mission de lutte contre Daech et continue à appuyer, en Syrie, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), et en Irak les Forces de Sécurité Irakiennes (FSI).

En Irak, dans le Nord Est syrien et dans la Moyenne Vallée de l’Euphrate, la situation sécuritaire est stable. Les FSI comme les FDS y maintiennent la pression contre Daech par le biais de différentes opérations de ratissage et de sécurisation.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

La France poursuit son engagement au sein du pilier appui de la coalition à travers la poursuite des opérations aériennes, et au sein du pilier « formation » au profit de l’armée irakienne.

  • Frappe

Le lundi 24 juin, les Rafale français de la base aérienne projetée au Levant ont réalisé avec succès une mission de frappes planifiées au profit de l’opération Inherent Resolve. L’objectif était un lieu utilisé par des combattants de Daesh pour y stocker des armements et fabriquer des engins explosifs improvisés (IED – Improvised explosive device).

Cette mission a été organisée en coopération avec plusieurs nations de la Coalition.

En Irak, comme en Syrie, les Rafale continuent de contribuer à la réduction du potentiel de Daech, et à appuyer les troupes engagées au sol des FSI et FDS à travers des frappes aériennes, mais également des missions de surveillance et de renseignement.

  • Fin de détachement pour le ravitailleur français C135

Dans le cadre de l’opération Chammal, le détachement du C135-FR du Groupe de ravitaillement en vol 02.091 « Bretagne », déployé pour la première fois sur la base aérienne d’Al-Udeïd a effectué sa dernière mission, le 20 juin 2019.

Inséré au cœur de l’Opération Inherent Resolve (OIR) depuis le 15 avril 2019, le C135-FR a été déployé en appui des aéronefs de la Coalition pour participer à la lutte contre Daech. Contribuant pour la 14e fois à l’opération Chammal, cet aéronef a totalisé durant son détachement plus de 270 heures de vol étalées sur 42 missions de ravitaillement en vol.

Au sein de la Coalition, le tanker est placé sous le commandement tactique du centre de commandement interallié des opérations aériennes (Combined Air Operations Center – CAOC) à Al Udeïd. Pouvant transporter jusqu’à 90 tonnes de carburant et équipé de deux nacelles souples sous voilure et d’une perche rigide ventrale, il garantit ainsi à tous les aéronefs de la Coalition la réactivité, l’allonge stratégique et l’endurance nécessaires aux missions d’appui des Forces démocratiques syriennes (FDS) en Syrie et des Forces de sécurité Irakiennes (FSI) en Irak.

Disposant d’un excellent taux de disponibilité malgré des conditions climatiques extrêmes, allant jusqu’à plus de 50 °C, cet appareil a pu ravitailler plus de 190 avions. Tout un ensemble d’aéronefs engagés dans la Coalition, F16, F15 et Harrier américains, Eurofighter britanniques et italiens, Tornados allemands et Rafale français se sont vu délivrer pas moins de 900 tonnes de carburant au bout des nacelles ou perche de ce C135-FR.

Doté d’une grande réactivité, l’équipage de l’appareil a démontré ses facultés en assurant un vol opérationnel dès le surlendemain de son arrivée ainsi que la veille de son départ de la base d’Al Udeïd. Son dernier atterrissage sur la piste qatarienne vient boucler la 383e mission de guerre depuis son premier déploiement en 2014.

  • Relève de la frégate « Guépratte » par l’« Aconit »

Déployée depuis le mois d’avril en méditerranée orientale dans le cadre de l’opération « Chammal », la frégate légère furtive « Guépratte » a été relevée par la frégate légère furtive « Aconit » pour assurer la permanence opérationnelle dans cette zone et contribuer à l’appréciation autonome française sur ce théâtre d’opérations.

Lors de cette passation de suite à la mer sur le théâtre d’opération, les états-majors des deux unités ont pu échanger et se transmettre les éléments utiles à la bonne réalisation de la mission. Outre la patrouille commune, cette journée a été l’occasion de réaliser des exercices conjoints, axés sur la préparation au combat, entre ces deux frégates de la classe « La Fayette ».

  • Sorties air hebdomadaires [bilan du 19 au 25 juin inclus]

Les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis poursuivent leurs actions contre Daech, au sein de la coalition.

Cette semaine, les aéronefs de l’opération Chammal ont réalisé 17 sorties aériennes et ont délivré une frappe.

BILAN DU 13E MANDAT DES TF MONSABERT ET NARVIK

Après plus de quatre mois d’engagement auprès des forces de sécurité irakiennes, le mandat XIII s’efface au profit du mandat XIV. Revenons sur quatre mois de formation et d’accompagnement au profit des soldats, instructeurs et officiers des forces de sécurité irakiennes par les Task Force Monsabert et Narvik.

La Task Force Monsabert assiste et conseille (Advice and Assist – A2) l’état-major et participe à la formation des soldats de la 6e division d’infanterie irakienne dont la mission principale est la sécurisation de Bagdad et de ses environs. Elle participe également à la formation des cadres de d’artillerie irakienne dans le cadre d’un partenariat avec l’Iraki Artillery School.

Au cours du mandat XIII, une soixantaine de stages ont été réalisés : 30 stages auprès des unités, 10 formations d’instructeurs irakiens ainsi que 19 séquences de conseil des instructeurs irakiens. Au bilan, plus de 2 000 soldats irakiens auront bénéficié de l’expertise des instructeurs français durant le mandat, dont 500 cadres de l’Iraki Artillery School. Par ailleurs, une dizaine d’actions d’accompagnement et de conseil auprès de l’état-major de la 6e division d’infanterie irakienne ont été menées dont deux sur le terrain.

En ce qui concerne la Task Force Narvik, le mandat XIII s’est concentré sur la formation des instructeurs spécialisés de l’Iraki Counter Terrorism Service (ICTS) pour assurer la pérennité des savoir-faire de cette unité d’élite.

Le mandat XIII a conduit 6 stages de formation au profit de 250 soldats de l’académie de l’ICTS, ainsi que trois stages de perfectionnement à destination des bataillons opérationnels ayant permis à plus de 600 soldats irakiens de mettre à jour leurs connaissances. À ces stages s’ajoute la formation d’une centaine d’instructeurs irakiens à l’occasion de cinq stages menés avec des membres de la Coalition. Ces stages ont permis de parfaire les connaissances de près de 1000 combattants au cours du mandat.

BARKHANE

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

  • Situation du théâtre

La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma, d’une superficie équivalant à un quart du territoire métropolitain français, par le biais d’opérations, d’actions au profit de la population, et en appuyant les forces partenaires.

  • Sorties air hebdomadaires (bilan du 19 au 25 juin inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 81 sorties, parmi lesquelles 28 sorties de chasse, 18 sorties de ravitaillement/ISR, et 35 missions de transport. 115 sorties avaient été réalisées la semaine dernière.

LE MRTT PARTICIPE A LA RELEVE DES M2000D A N’DJAMENA

Le 18 juin 2019, l’A330 Phénix de la 31e Escadre de Ravitaillement et de transport stratégiques (31e EARTS) s’est posé pour la première fois à Ndjamena après avoir effectué une mission de convoyage d’avion d’armes. En ravitaillant en vol les M2000D de France jusqu’au Tchad, il a ainsi pleinement contribué à la réussite de la relève des MIRAGE du fuseau Est de Barkhane.

Cette mission de convoyage se déroulait dans le cadre de la relève d’avions de combat M2000D de l’opération Barkhane. Elle fait partie intégrante des missions nécessaires à la qualification opérationnelle de l’avion mais aussi à l’aguerrissement des équipages aux missions multi-rôle qui leur seront confiées.

Après une nuit passée sur place, le Phénix a repris son envol vers la base d’Istres, toujours en mission de convoyage d’avion d’armes.

SÉCURITÉ ET AIDE A LA POPULATION : BARKHANE PLEINEMENT IMPLIQUÉ DANS LA STRATÉGIE 3D (DIPLOMATIE, DÉFENSE, DÉVELOPPEMENT)

Barkhane inscrit son action dans le cadre de la stratégie « 3D » (Diplomatie, Défense, Développement) de la France au Sahel. Elle agit en lien étroit avec les acteurs politiques, diplomatiques et économiques du Sahel, afin de consolider les gains sécuritaires obtenus. A leur niveau, les forces armées contribuent à rétablir et consolider les conditions de sécurité nécessaires à l’action des acteurs de développement et de gouvernance, tout en continuant à lutter contre les groupes armés terroristes.  

Il s’agit d’œuvrer au retour de l’État et à l’amélioration des conditions de vie de la population, luttant ainsi contre la constitution d’un terreau propice à la violence et au développement des groupes armés terroristes.

En quoi consistent les actions civilo-militaires ?

Par ses modes d’action, Barkhane agit au contact des populations locales. Elle est en mesure d’identifier leurs besoins essentiels et y apporter une première réponse, non seulement d’ordre sécuritaire, mais aussi matériel par le biais des actions civilo-militaires (CIMIC).

Il s’agit de reconstruction d’écoles, de remise en fonction de puits, de projets d’irrigations, de maraîchage…

Ces actions CIMIC s’inscrivent dans une dynamique globale permettant de consolider durablement les gains de la sécurisation du territoire. Elles sont complémentaires des solutions mises en œuvre par les acteurs français et régionaux du développement, avec lesquels Barkhane agit en étroite coopération.

Bilan de Barkhane :

Depuis le 1er janvier 2019, plus de 30 projets civilo-militaires ont été menés au profit de la population, dont 13 projets à destination de celle de la région du Liptako-Gourma. Parmi ces réalisations, notamment 4 projets d’infrastructure, 2 projets d’adduction d’eau, 5 projets en lien avec l’éducation et l’accès à l’information.

Par ailleurs, Barkhane continue de réaliser en moyenne plus de 70 consultations et plus de 300 soins par jour au profit de la population malienne, tchadienne et nigérienne. Plus de 20 actes techniques (imagerie et laboratoire) et près de 3 interventions chirurgicales sont également réalisés quotidiennement à leur profit.

Comment l’action de Barkhane s’articule-t-elle avec celle des autres acteurs du développement ?

Afin de renforcer l’articulation entre opérations militaires, action de stabilisation de court terme et actions de développement de plus long terme, un dialogue régulier a été mis en place entre les acteurs militaires de l’opération Barkhane, ceux de la stabilisation et ceux du développement, tant au niveau stratégique, qu’aux niveaux opératif et tactique. Ainsi :

  • des Task Force et des groupes de travail ont été mis en place à Paris et dans les capitales sahéliennes (Bamako, Niamey, Ouagadougou) depuis janvier 2018 ;
  • l’Agence française de développement (AFD) a détaché un chargé de mission développement auprès de Barkhane depuis septembre 2018 ;
  • La mission pour la stabilisation du centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) a déployé un expert à Menaka auprès de Barkhane en mars 2019, pour identifier les besoins des populations au plus près des opérations, monter des projets pertinents et articulés avec les actions CIMIC,  suivre leur mise en œuvre et évaluer leur impact, ainsi que  faire le lien avec les autorités locales. À terme, ce déploiement temporaire pourrait devenir permanent. De façon générale, la Mission pour la stabilisation du CDCS finance des projets en appui à la sortie de crise, dans des délais pouvant être très courts, afin de faire rapidement bénéficier les populations des « dividendes de la Paix ». Au Mali, la Mission pour la stabilisation agit en lien étroit avec l’Ambassade de France au Mali, et en complément des actions de la force Barkhane ainsi que celles des acteurs du développement.

Ce dialogue s’est matérialisé sur le terrain par des premières réalisations :

  • en 2018, la Mission pour la Stabilisation du CDCS du MEAE a soutenu plusieurs projets à Ménaka (relèvement socio-économique, réconciliation) ;
  • en 2019, elle prévoit de consolider les progrès dans le Liptako à travers un projet d’appui aux forces de sécurité intérieure et de mettre l’accent sur la zone du Gourma ;
  • simultanément, les premiers projets de l’AFD ont démarré dans le Liptako.