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Un article récent publié sur le site du Ministère des Armées soulève plusieurs questions importantes sur le transport de fret et de personnel au Sahel, alors que 50% de celui-ci serait effectué par nos alliés.

Selon la Cour des comptes, la France ne peut couvrir au mieux, en année de flux d’entretien, qu’un quart de ses besoins en matière de transport stratégique aérien.

L’Espagne contribue à l’appui logistique aux opérations françaises dans le Sahel à hauteur de 15% au travers des missions Mamba et Marfil depuis le Gabon et le Sénégal. Le soutien logistique fourni par les hélicoptères britanniques Chinook au sein de la zone d’opération pèse également pour plus de 15%. Les États-Unis (près de 10%) et l’Allemagne (plus de 6%) s’engagent fortement aux côtés de Barkhane, ainsi que le Canada et la Belgique.

Depuis le 1er janvier 2019, les États-Unis et le Canada ont transporté respectivement 315 tonnes et 43 tonnes de fret, dans le cadre des acheminements stratégiques reliant la France au Sahel. A titre de comparaison, l’armée de l’Air a transporté 676 tonnes de matériel sur cette même période.

Selon les données disponibles du ministère canadien de la Défense nationale, depuis le 28 septembre 2015, le pays a aidé la France grâce à ses avions CC-177 Globemaster et CC-130 Hercules, en transportant 237 tonnes de marchandises pour Barkhane lors d’une douzaine de vols.

Le Canada a également transporté 1618 tonnes de matériels divers, comme des véhicules, du matériel médical, de l’eau, de la nourriture… au cours de 48 vols pour appuyer l’opération Serval de janvier à mars 2015.

Opération FRÉQUENCE: vols de soutien du Canada aux troupes françaises ­­>>

Si le transport de fret et de personnel représente 50% des vols totaux, quelle est la part réelle menée par les aéronefs de l’Armée de l’air, alors qu’un récent rapport de la Commission des finances sur l’externalisation du soutien aux forces en opérations extérieures révèle que le choix de faire appel à des entreprises privées a coûté très cher à l’État!

Le député (LR) François Cornut-Gentille, rappelle ainsi que selon le rapport annuel de performances 2018 de la mission Défense, «l’externalisation des transports dans le cadre des opérations extérieures s’est élevée à 81,12 millions d’euros pour le transport stratégique (c’est-à-dire le transport de passager ou fret entre la métropole et les théâtres) et à 39,54 millions d’euros pour le transport intra-théâtre, quel que soit le mode (maritime, aérien ou routier).

Deux rapports déposés en deux ans montrent que l’externalisation via des contrats avec des entreprises est préoccupante non seulement en terme de coût, « d’abandon de souveraineté », mais aussi parce que certaines de ses entités sont… russes !

Puisque, pour le transport tactique aérien, la flotte passera de 48 unités début 2019 (14 A400M ; 14 C-130H ; 18 C160 ; 2 C-130J) à 43 fin 2025 (25 A400M ; 14 C-130H rénovés ; 4 C-130J), « il est fort probable que le recours aux affrétés sera toujours nécessaire pour répondre aux besoins de mobilité des forces ».