Les forces spéciales de l’Armée de l’air auront un Caracal supplémentaire

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Un Caracal en vol. (Armée de l'air)
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La Direction générale de l’armement (DGA) annonce officiellement la commande d’un nouvel hélicoptère Caracal, en remplacement de celui qui s’était écrasé en novembre 2014, lors d’un entraînement au Burkina Faso.

Le 3 juin dernier, c’est d’abord le député LR Jean-Jacques Ferrara, qui révèle la nouvelle, lors d’une réunion de la Commission des finances de l’Assemblée nationale: «je me réjoui […] de la commande d’un hélicoptère Caracal, destiné à remplacer l’un des deux détruits en opération». 

Depuis le déclenchement de l’opération Serval en janvier 2013, les hélicoptères Caracal sont engagés dans la lutte antiterrorisme en Afrique au profit des Forces spéciales de l’Armée de l’air et de l’Armée de terre.

Or, un Caracal opéré par le 4e régiment d’hélicoptères des Forces spéciales (4e RHFS) s’est écrasé au Burkina Faso en novembre 2014 lors d’un vol d’entraînement tactique de nuit lorsqu’il réalisait une série de manœuvres particulièrement périlleuses, les «poser-poussière». L’adjudant Samir Bajja était décédé dans l’écrasement de l’appareil qui était non réparable.

La flotte Caracal s’en est alors trouvée réduite à 18 appareils.

La question d’acquérir un nouvel appareil s’est rapidement posée, mais ce n’est qu’à la toute fin de l’année 2018 que le financement de ce projet a pu être confirmé.

Un plateau collaboratif DGA – Etat-major des armées – industrie a permis de finaliser en quelques semaines les spécifications techniques de l’appareil afin qu’il ait une configuration cohérente des 5 Caracal neufs livrés entre 2011 et 2013 tout en bénéficiant des acquis des contrats export.

La commande a été notifiée le 5 juin 2019 après finalisation de l’ensemble du dossier technique et budgétaire.

Constamment déployé en OPEX depuis 2005 (Liban, Afghanistan, Afrique), l’hélicoptère EC725-Caracal est une composante majeure actuellement utilisée par les Forces Spéciales en Opérations Extérieures.

Commandé à près de 165 exemplaires à l’export, il est mis en œuvre par les forces armées au Brésil, en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, en Thaïlande et au Mexique ; le Koweït et la Hongrie en seront également prochainement équipés.

Au total, les OPEX représentent 22 % de l’activité de l’aviation de chasse, et 24 % de celle de l’aviation de transport.

Caractéristiques techniques du Caracal

Fortement doté d’armements de calibres 7.62 (MAG58), 12.7 (M3M) et 20mm (SH20), le Caracal est utilisé pour les missions de contre-terrorisme, de recherche et sauvetage au combat, de transport tactique de troupes, de secours aux populations civiles en cas de conflit ou de catastrophes naturelles.

Il peut emporter jusqu’à 28 commandos ou jusqu’à 10 civières pour l’évacuation sanitaire.

C’est un hélicoptère d’une masse maximale au décollage de 11 tonnes, équipé de 2 moteurs MAKILA 2A (Safran Helicopter Engines), sa vitesse maximale est de 325km/h.

Grâce à sa capacité de ravitaillement en vol, les forces disposent d’une autonomie accrue et d’une supériorité d’intervention extrêmement précieuse.

Le Caracal intègre une avionique numérique de dernière génération gérée par un calculateur central CMA 9000. Son pilote automatique 4 axes lui confère une excellente agilité. Il est doté d’équipements de radio-communications Thales, d’une centrale inertielle et d’une caméra infrarouge FLIR Safran Electronics & Defense destinée entre autres à l’observation tout temps de jour comme de nuit, à la surveillance ou encore à l’aide au pilotage.

Le Caracal est également équipé d’un système d’auto-protection complet avec un détecteur d’alerte radar, un détecteur de départ missiles, un système de leurrage et de guerre électronique.