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L’État-major français annonce ce mercredi 5 juin 2019 qu’une dizaine de jihadistes ont été tués ou capturés dans le centre-est du Mali, au cours d’une opération aéroterrestre menée vendredi 31 mai par les militaires français de la force Barkhane.

L’opération a eu lieu dans la région de Gourma, proche de la frontière avec le Burkina Faso.

«Le 31 mai, à la suite d’une manœuvre de recherche, une opération aéroterrestre a été conçue et exécutée en un temps record par la force Barkhane, mettant hors de combat un groupe armé terroriste dans la région du Gourma au Mali», écrit l’état-major dans un communiqué.

Des renseignements obtenus le matin du 31 mai permettent aux militaires de Barkhane d’observer «un mouvement suspect d’une quinzaine d’individus au nord de Ndaki, dans le Gourma». Puisque tout semble confirmer que le groupe observé est bien terroriste, «il est décidé d’engager une action rassemblant la composante aérienne, les groupes commandos et le groupement tactique aérocombat de la force Barkhane», précise l’état-major français.

Il ne faudra qu’une heure seulement après le lancement de l’opération aéroterrestre pour voir des Mirage 2000 entrer en action et réaliser une frappe aérienne, immédiatement suivie par l’engagement des hélicoptères de combat et la dépose au sol des groupes commandos pour reconnaître la zone.

Sur place, une quantité importante de ressources est saisie par les militaires, dont plusieurs motos et de l’armement individuel. «Une dizaine de terroristes a été mise hors de combat», sans préciser toutefois s’ils ont été capturés ou tués.

Toujours au Gourma…

Dans le même temps, entre le 23 mai et le 1er juin, les forces armées maliennes ont conduit une opération d’ampleur toujours dans cette région du Gourma.

Après une phase de reconnaissance et de sécurisation d’une zone fréquentée dans laquelle sévissent des groupes armés terroristes, les unités déployées ont «affirmées leur présence dans des secteurs reculées du Gourma».

Les deux sous-groupements tactiques ainsi engagés pour cette opération comprenaient 15 pick-up, une centaine de combattants, et près d’une dizaine de véhicules logistiques.

Pendant 10 jours, ces unités ont effectué des missions de reconnaissances offensives sur la Route Nationale 16 en direction de Douentza.

Leur objectif a été de sécuriser cet axe majeur et montrer à la population la présence des militaires maliens dans la zone, tout en cherchant à détecter d’éventuels poseurs d’engins explosifs improvisés et les cellules qui les soutiennent.

L’état-major indique que parallèlement à ces missions, des reconnaissances d’opportunité ont été menées dans les villes d’Agoffou, Ouami, Boubanki, Ngalamane et N’Daki, un des sanctuaires des groupes armés terroristes dans le Gourma.

«Ces reconnaissances avaient pour objectif de désorganiser les réseaux logistiques installés dans ces zones refuges, tout en permettant d’aller au contact avec les populations de la région au travers notamment de missions d’aide médicale à la population et d’actions civilo-militaires».

… et au Burkina Faso

L’armée française a parallèlement mené entre le 20 mai et le 3 juin «une opération d’ampleur» avec l’armée burkinabè dans le nord du Burkina Faso, à la frontière avec le Gourma malien.

Quatre cent cinquante hommes et plus d’une centaine de véhicules ont quitté la base de Gao pour rejoindre le nord du Burkina Faso, afin d’y mener des actions coordonnées en partenariat avec les forces armées nationales du Burkina Faso.

«Dès les premiers jours, un grand nombre d’actions a été mené par les unités déployées sur le terrain», explique l’état-major des forces armées françaises. «Elles ont quadrillé les secteurs définis, et procédé à des reconnaissances d’axes, à des fouilles d’habitation et au ratissage minutieux de forêts, cela sous une chaleur avoisinant les 45 à 50°C au plus fort de la journée».

Finalement, après plusieurs jours de manœuvres, les hommes du Groupement tactique désert Richelieu – dont la majorité des soldats viennent du 2e régiment d’infanterie de marine – et leurs partenaires burkinabés ont amoindri les capacités logistiques de l’adversaire et ses moyens de communication et de déplacement.